Homophobie et "crime-pensée"

Publié le par Christian Vanneste

La décision de la Cour de Cassation est à la fois révélatrice et clivante. Comme un révélateur, en effet, elle fait apparaître les zones d’ombre et de lumière.


Côté lumière, il y a les partisans de la liberté d’expression, ceux qui pensaient comme moi et approuvaient mes propos, ceux qui partageaient les idées mais regrettaient la forme de leur expression, et enfin ceux qui s’opposaient à mes idées mais m’ont exprimé leur satisfaction à la suite de la cassation sans renvoi, parce qu’ils constatent que j’étais victime d’un terrorisme intellectuel intolérable en démocratie. Le côté obscur apparaît lui aussi avec plus de netteté, même si bien sûr celle-ci n’est en rien de la clarté.


Les porte-parole habituels du lobby ne craignent pas de maudire aujourd’hui une justice qu’ils chérissaient hier, en oubliant qu’ils critiquent une décision de la plus haute instance judiciaire de notre pays, dont le caractère historique semble leur échapper. Les arrêts qui m’avaient condamné ne sont pas cassés sur la forme, avec renvoi devant une nouvelle juridiction. Ils sont cassés sur le principe, ce qui signifie que suivant en cela la jurisprudence constante de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, la primauté de la liberté d’expression, même pour les idées qui dérangent est affirmée dans notre pays à l’encontre des articles liberticides de la loi portant création de la Halde et auxquels je m’étais opposé.


Il est difficile d’admettre pour nos adversaires que leur tentative de complot contre la démocratie a échoué. Une ténébreuse affaire de pseudo-agression homophobe contre un jeune homme dans le Pas-de-Calais en 2004 terminée par un non-lieu, avec un innocent maintenu en prison près d’un an sans que personne ne s’en soucie, a été utilisée pour introduire au Sénat, souvent plus clairvoyant, les notions d’homophobie et d’orientation sexuelle, dans la loi. Ces concepts mal définis, imprécis, sont indignes du droit. Ils correspondent à ce que Orwell décrit dans 1984 en parlant de la novlangue. Ce sont des mots destinés à transformer le langage en prison, à contraindre la pensée, et à punir tout écart. L’homophobie n’est rien d’autre que le « crime-pensée ». Malgré les dénégations du Ministre de la Justice et du rapporteur de la loi, ils ont servi à ce dont nous les soupçonnions : porter atteinte à la liberté d’expression au travers de l’action communautariste de certaines associations. Le lobby était parvenu à faire voter une loi sous le coup d’une émotion artificiellement provoquée qui permettait désormais d’interdire le débat puisque toute contestation de l’homosexualité devenait injure homophobe. Le coup manqué, les auteurs se replient sur ce monde qui est le leur, rempli des échos et des reflets de ceux qui à force d’être ensemble oublient que dans le vrai monde, on peut et même on doit penser autrement qu’eux. La bêtise et la mauvaise foi qui apparaissent dans de nombreuses réactions du lobby sont consternantes. On y trouve toujours cette confusion entre la critique argumentée à l’encontre des comportements et l’injure envers les personnes, toujours aussi l’emploi du terme « homophobe ».


Que les choses soient claires : moi qui ai été traité de « connard » et de « délinquant », de « honte de la République », j’accepte parfaitement que l’on conteste mes idées, mais je ne laisserai pas sans suite judiciaire l’emploi du mot homophobe à mon encontre. Que les apprentis blogueurs et les pseudo-journalistes se le tiennent pour dit.

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anne devenas 19/11/2008 23:48

Monsieur Vanneste, bonjour. Je suis à l'UMP, mariée, 3 enfants, et une de mes filles est lesbienne. Quand vous dîtes que l'homosexualité est inférieure à l'hétérosexualité, je me sens insultée, pour ma fille. Ces paroles me font mal.Ma fille a toujours été ma fierté, travaillant toujours bien pendant sa scolarité, bac S, puis BTS. Elle a 26 ans, est agricultrice, propriétaire de sa maison, paye ses impôts, vote, était même sur la liste opposante à notre maire socialiste. Elle est très appréciée partout. Elle est en couple depuis 5 ans. Toutes deux sont jeunes, jolies, intelligentes, travailleuses. Leurs souhaits seraient de se marier, mais elles se contenteront du PACS, et d'avoir des enfants, ce qui est un parcours du combattant mais elles sont courageuses.Elles s'aiment, c'est bien de l'amour. Si vous pouviez parler avec elles, vous sauriez.En quoi ces deux jeunes femmes sont-elles inférieures ?

Christian Vanneste 20/11/2008 10:54


Madame, Je vous remercie de votre commentaire. Permettez-moi néanmoins d'apporter quelques précisions. Je n'ai jamais dit et je ne dirai jamais que les homosexuels seraient inférieurs. Je ne l'ai
jamais pensé et je ne le penserai jamais. Pour avoir travaillé longtemps dans le domaine de la culture, et pour avoir gardé des amitiés fortes avec des homos, je connais fort bien leur sensibilité
voire leur génie. Il ne s'agit ici donc pas de personne. D'ailleurs vous aurez noté qu'à la fin de mon interview au journal Minute (http://www.christianvanneste.fr/?p=1253), je réitère mon souhait
qu'en France on ne fasse pas de distinction entre les personnes : "je dirais simplement qu’il n’y a aucune distinction à faire entre les catégories de personnes en matière juridique. Tous les
Français ont le droit à la même défense et à la même protection. En outre, je considère que si l’on ne doit pas privilégier l’homosexualité, ni la reconnaître au titre d’entité politique, il va
sans dire que les homosexuels ont le droit de vivre tranquillement leur vie et doivent être respectés au même titre que n’importe qui !". Ceci dit, philosophe de formation, élu du peuple (réélu
avec plus de 58% des voix en 2007, score qui me place parmi les mieux élus dans le Nord alors que je suis sur une circonscription classée "à gauche"), libéral (dans la lignée d'un Constant et d'un
Tocqueville), conservateur, j'ai le droit et même le devoir de m'exprimer sur des sujets de société. C'est ainsi que dans ma démonstration, je me suis appuyé sur Voltaire (Dans son Dictionnaire
philosophique) et sur Kant (l'impératif...). Mais j'aurais très bien pu citer Oscar Wilde, peu suspect d'une quelconque animosité envers les homosexuels : "si Adam avait été homosexuel, nous ne
serions pas là pour le dire"...!! J'estime alors que pour un enfant, il vaut mieux qu'il soit élevé entre un papa et une maman. Voilà tout, c'est pourquoi je m'oppose à cette institutionnalisation
galopante de l'homosexualité. Restant à votre disposition,


seb 18/11/2008 15:25

A Monsieur Vanneste (directement ou à son équipe) : j'espère que ces informations vous seront d'une quelconque utilité ! En attendant, le "cas Vanneste" fait quelques émules : après avoir été "super star du Web"...Faut il s'attendre à une "christianmania" ? Peut être ! **Campagne contre la propagande des lobbies gays à l’école : "Liberté Politique invite à manifester notre refus de la campagne lutte contre l’homophobie lancée par le ministère de l’Éducation nationale,en signant la pétition : « Non à la propagande homosexuelle à l’école. » Cette campagne de protestation est destinée à alerter le gouvernement sur la démarche contre-éducative qu’il a cru devoir soutenir et qui risque de mettre en danger l’équilibre de nombreux jeunes à un moment charnière de leur existence.
LP rapporte également un entretien avec l'auteur de L'Affaire Vanneste : La mise à mort de la liberté d'opinion, François Billot, qui réagit à l'arrêt rendu par la Cour de cassation rendant justice à Christian Vanneste et qui souhaite démanteler la loi de 2004 sur la Halde :
 "La loi de 2004, en plus de son côté liberticide, est une loi bâclée, car inapplicable. Elle interdit toute une série de comportements, mais ne prend pas le choix de définir précisément ce que sont ces comportements. Ainsi, les juges sont dans l'incapacité de juger objectivement, sereinement, en toute connaissance de cause. Il en résulte qu'ils peuvent décider la relaxe quand il faudrait objectivement une condamnation, ou décider une condamnation quand il faudrait objectivement relaxer.
Exemple : le groupe de rapeurs Sniper a été relaxé alors qu'il avait tenu des propos ignobles, mais Christian Vanneste a été lourdement condamné au pénal pour des propos qu'il pouvait tenir, comme le signifie l'arrêt de la Cour de cassation. Cet arrêt, qui remet en cause la loi de 2004, va mettre fin à cette dérive, dramatique pour notre pays. [...] La France s'est dotée d'un dispositif aberrant, qu'il faut démanteler dans les meilleurs délais. Si un député, élu du peuple, ne peut plus s'exprimer sur la morale qui régit notre société sans être lourdement condamné, c'est que nous sommes passés, sans nous en rendre compte, de la démocratie à la dictature de la pensée, état qui mène inéluctablement à la dictature tout court. De cela, il est encore temps de nous préserver : la Cour de cassation vient de nous ouvrir la voie."**Lettre d'un ami à Monsieur Darcos : "Monsieur le Ministre,Les homosexuels, en tant que "groupe", ne prétendent pas être "des citoyens à part entière", ce que chaque personne homosexuelle est déjà à titre individuel. Comme groupe, les homosexuels sont un lobby, et ce lobby a des prétentions qui dépassent la simple reconnaissance "d'être des citoyens comme les autres". On n'est pas citoyens comme homosexuel ou comme bisexuel, comme blond, noir ou blanc. On est citoyen par son appartenance à la société française. Point. En d'autres temps on aurait dit : par l'accomplissement, aussi, de ses devoirs.Le lobby a d'autres visées : imposer les comportements de ses membres comme une norme morale, empêcher les autres de penser librement que ce comportement soit déviant, jusqu'à les poursuivre en justice et imposer une police de la pensée pour que tout le monde ploie devant ses revendications.Cela est totalement insupportable et doit être dénoncé. Chacun se fiche de savoir si son voisin est ou n'est pas homosexuel. Ce dont on ne se fiche pas c'est qu'un lobby érige sa singularité en norme, impose son communautarisme jusque dans les lois et les écoles. Ce totalitarisme-là, comme les autres, doit être dénoncé et combattu. Dans notre pays, où le lobby n'est pas encore maître de la pensée des autres, c'est une liberté protégée par la loi et la justice de dire ce qu'on en pense. L'homophobie et toutes les formes de manque de respect aux personnes en raison de leur race, de leur religion, ou de leur orientation sexuelle est inacceptable. Mais cette lutte légitime ne doit pas dissimuler une campagne de propagande en faveur des comportements homosexuels, réalisée par des militants de la cause gays et lesbiennes. (qui plus est financée par l'argent public ! Cet argent ne serait il pas mieux employé par le recrutement de professeurs chargés d'instruire nos enfants...Et non de les "éduquer" rôle qui à preuve du contraire appartient encore aux parents !)En ce sens, la campagne « Homophobie : savoir et réagir » ne respecte pas les règles de la laïcité : en proposant un modèle unique de conception de la sexualité, le « pluralisme sexuel », cette campagne est une atteinte aux autres convictions et croyances. Je demande qu'elle soit suspendue. Je demande que l'éducation sexuelle des jeunes soit respectueuse des valeurs et des normes éthiques de chacun, surtout quand nos enfants sont concernés. Les parents doivent rester souverains des choix éducatifs pour leurs enfants. Chercheriez vous donc à démanteler l'Ecole de la République ? En ne donnant plus aux parents, comme seuls choix, soit d'effectuer eux mêmes le travail d'instruire leur progéniture, soit de mettre leurs enfants dans le privé...Qui à défaut d'autres choses a au moins l'avantage de ne pas chercher à embrigader le cerveau de nos enfants avec des histoires d'adultes ? "http://www.dailymotion.com/relevance/search/LIBERTE%2BD%2527EXPRESSION/video/x6qxeu_liberte-pour-lhistoire-delcroix_newshttp://www.dailymotion.com/relevance/search/LIBERTE%2BD%2527EXPRESSION/video/x4wjkk_liberte-dexpression-ditesvous_newsEt si...Le prochain cheval de bataille de Monsieur Vanneste était...Le retour d'une Liberté d'expression véritable...Conforme à la Déclaration de 1789 ?  

Sylvain 18/11/2008 11:37

seb 18/11/2008 09:13

A Monsieur Vanneste...Je me suis dis que cela pourrait vous intéresser. En réponse à un lecteur sur les différentes études sociologiques, selon lesquels les effets de l'homoparentalité sur les enfants ne seraient pas différents que pour des enfants élevés par un père et une mère, Béatrice Bourges répond :
 "Charlotte Patterson [est] un exemple intéressant d’ « expert scientifique » fréquemment cité alors que ses études sont très officiellement contestées. Ainsi, lors d’un procès en Floride, ses propres avocats lui demandent une copie de la documentation sur laquelle elle a fondé ses études, la soupçonnant d’avoir employé ses amis dans leur élaboration. Elle refuse. Les juges réitèrent leur demande, qu’à nouveau elle récuse. Depuis, pour défaut de validité et de résultats discutables, la Cour de Floride ne considère plus ces études comme valables. Pourtant, elles sont considérées [...] comme la référence irrécusable et inattaquable sur ce sujet.
On pourrait également citer Scott Ryan qui, lui-même, reconnaît le caractère biaisé de son enquête :
«Les homosexuels ayant adopté des enfants ne sont pas répertoriés aux Etats-Unis. J’ai donc passé des annonces dans les journaux, visité les associations gays ou lesbiennes, fait fonctionner le bouche à oreille. Dans ce contexte, mon échantillonnage n’est sûrement pas représentatif».
Quant à l’étude de Stéphane Nadaud, elle compare les enfants de pères homosexuels avec ceux de pères hétérosexuels divorcés, appelés « pères non-gays » et choisis dans des clubs de rencontre, « preuve implicite de leur hétérosexualité », selon les mots de l’auteur. En revanche, pas une seule étude ne fait la comparaison entre ces enfants et ceux élevés par un père et une mère ni divorcés ni séparés. Les éléments ainsi réunis ne permettent pas de faire des comparaisons objectives entre des enfants élevés par des « couples » de même sexe et ceux élevés par des couples hétérosexuels. Il reconnaît lui-même d’ailleurs que « l’échantillon est trop faible ». Et pourtant, Stéphane Nadaud est considéré lui aussi comme LA référence en matière d’homoparentalité.
Lors d’une intervention au Sénat, la sociologue Sylvie Cadolle, spécialiste des familles recomposées, confirme d’ailleurs que personne ne peut, aujourd’hui, se prononcer sur les effets ressentis par un enfant élevé par des « parents » homosexuels. Elle met également l’accent sur le caractère biaisé des études revendiquées par les militants gays :
"S'agissant de l'homoparentalité, la sociologie est bien incapable de répondre aujourd'hui à la question du bien-être des enfants éduqués par un couple du même sexe. Il n'existe pas en France d'étude sur un échantillon représentatif, car nous ne savons même pas combien de «couples» homosexuels élèvent des enfants et nous ne disposons pas d'études longitudinales d'une cohorte sur plusieurs générations. Les estimations en provenance des associations de militants ne font pas la différence entre des situations qui, à mon sens, n'ont rien à voir". [...]
Quant à Jean-Pierre Winter, psychanalyste bien connu qui s’est longuement et abondamment penché sur ce sujet, voici ce qu’il dit :
"On manque de recul. Il faudrait trois ou quatre générations pour savoir ce que devient un enfant élevé par un couple d'homoparents. Un enfant peut aller très bien, et tout peut se dégrader à 18, 40 ou 60 ans"."
Or, on ne fait pas d'expérience sur des enfants. Par ailleurs, concernant les projets de loi, celui sur le statut du beau-parent sera discuté en principe dans le courant du premier trimestre 2009 au Parlement. Le collectif pour l’enfant a été officiellement consulté.

Christian Vanneste 18/11/2008 09:18


@ Seb : Merci pour l'information qui est en effet très intéressante.


MARION 18/11/2008 06:24

Bravo !