le parachute en or et la participation en argent.
Tout ce qui est excessif est insignifiant, disait TALLEYRAND… Et pourtant, l’annonce du « parachute doré » de Noël FORGEARD, ancien patron d’Airbus, ne peut que révulser tout homme attentif au bien commun.
Je pourrais disserter pendant longtemps sur ce cas scandaleux… Mais vous me permettrez seulement de vous préciser ma pensée sur les deux points suivants. Premièrement, je me réjouis que tout le monde se mette désormais d’accord sur la nécessité de la présence de la morale dans la politique et dans l’économie. J’avais cru comprendre –naïvement peut-être- que l’évocation de cette morale m’était interdite (et était plus généralement interdite aux questions sociétales…). Il est donc intéressant de constater que tous les dénonciateurs du comportement de Monsieur FORGEARD voient, avec raison d’ailleurs, dans cette affaire un manque de décence et de morale publique… Ils en appellent même à des lois afin de « moraliser » certaines activités humaines… Je le note. Deuxièmement, pour le gaulliste que je suis, je ne peux que redire ici ma conception de l’économie : d’abord pour distribuer les richesses, il faut les créer. Une fois produite, les hommes qui participent à cette création de richesse doivent être justement rémunérés. La rémunération la plus juste est pour moi, le système de la participation, celui-là même que la gauche, par un calcul politique digne des plus mauvais florentins, a refusé en appelant à voter « non » au référendum du Général DE GAULLE en 1969. L’intérêt du peuple passa derrière l’intérêt des socialistes… La participation, c’est la distribution équitable des profits de l’entreprise à tous, du patron aux salariés. Elle permet l’émulation, le dynamisme, l’innovation dans l’entreprise. Elle est juste car les bénéfices ne servent pas seulement à rémunérer le capital : ils rémunèrent aussi le travail. Quand la gauche, dans un habituel numéro de dénonciation, crie au scandale contre ces quelques patrons voyous, elle ferait mieux d’avoir plus de décence. En effet, qu’ont fait les socialistes pour rendre impossible ces parachutes en or ? Rien. Monsieur JOSPIN, en revanche, a même réussi l’exploit de plus privatiser que Messieurs BALLADUR et JUPPE réunis… Pour ma part, modestement, j’ai personnellement encouragé le projet de loi porté par mon collègue, désormais Président de l’Assemblée nationale, Patrick OLLIER, sur la participation. Nous en avons fait une loi. Certains gèrent le Ministère de la parole, nous, nous sommes dans l’action. La politique comme l’économie doivent se soumettre à l’éthique : une éthique guidée par la seule mesure du Bien commun, de l’Intérêt général. Pas d’éthique sans une certaine morale. Sans une certaine morale, comment condamner le parachute scandaleux de Monsieur FORGEARD ?