Terrorisme, vidéosurveillance et bon sens...

Publié le par Christian Vanneste

       Le 2 novembre dernier, Nicolas Sarkozy présentait au nom du Gouvernement, le projet de loi sur le terrorisme. Ce texte, qui sera sans doute accepté in fine, par la droite et par la gauche, est un bon texte qui va permettre à notre pays de se prémunir encore plus contre ces attaques insidieuses et lâches des terroristes.

 

 

 

Je suis intervenu à la tribune pour exprimer ma satisfaction, mais aussi pour développer particulièrement deux idées : le nécessaire équilibre entre la sécurité et la liberté et l’absolue nécessité du développement de la vidéosurveillance dans notre pays pensant notamment à Tourcoing et à Halluin, où des lieux comme le square de la Victoire devraient être « vidéosurveillés » afin de limiter au maximum le vandalisme et les agressions.

 

 

 

        Les attentats qui ont eu lieu à Londres ont révélé a la fois l’efficacité des installations britanniques, dans la rapidité d’investigation plus que dans la qualité de la prévention, d’ailleurs. Mais ils ont aussi mis l’accent sur l’incroyable retard de notre pays dans ce domaine. La Grande-Bretagne possède quatre millions de caméras. Depuis 1997, 52 000 systèmes de vidéosurveillances ont été installes en France dont 1 773 seulement du fait de 469 collectivités territoriales. 183 de celles-ci seulement concernent la voie publique. On parle aujourd’hui en Grande-Bretagne de 25 millions de caméras, nous en sommes à 300 000 en France.

 

 

 

        Grâce à ce texte, nous allons commencer à rattraper ce retard mais il faut souligner un paradoxe.

 

 

 

        La CNIL, dont c’est la mission légitime, avait dès 1994, souligné les risques dus au développement des techniques de numérisation pour les droits des personnes, le droit à l’image par exemple. Elle a réitéré ses craintes dans sa déclaration du 10 octobre 2005 en soulignant son exigence que l’élargissement prévu par ce texte soit proportionné aux objectifs poursuivis.

 

 

 

        Or, si l’on considère que les délits et les crimes forment une pyramide,le terrorisme en occupe à l’évidence le sommet alors que la vidéosurveillance a d’abord pour objectif la base la plus large, c'est-à-dire celle des faits d’agressions ou de dégradations.

 

 

 

        Il faut donc faire un effort important d’équipements en systèmes intelligents de vidéosurveillance dotés de dispositifs d’alerte immédiate ou de détection des comportements anormaux. L’utilisation de la vidéosurveillance doit pouvoir s’appuyer sur un vaste réseau qui est encore à réaliser et qui doit être produit par l’effort de tous. Beaucoup de collectivités territoriales s’y sont engagées, des villes comme Levallois, Epinay ou Montpellier, des départements comme le Var. Il serait essentiel que l’Etat encourage de la façon la plus concrète ces initiatives.

 

 

 

C’est la raison pour laquelle il faut aujourd’hui dans le respect de l’état de droit faire un choix clair qui évacue les fantasmes idéologiques.

 

 

 

        Lorsque l’on a à choisir en apparence entre la liberté et la sécurité, on ne doit pas vouloir qu’une défense absolue et abstraite de la liberté ne conduise au massacre des innocents. C’est Françoise Rudetzki qui montre dans son livre Triple peine , à quel point la victime d’un attentat est seule, exposée à la fois à la violence des terroristes, à un relatif abandon de la société et à une incompréhension de ce qui lui est arrivé.

 

 

 

        Un Premier Ministre étranger soulignait le dilemme des démocraties. Ou bien les gouvernements mettent l’ensemble de la population en danger ou ils semblent toucher aux libertés. Mais que signifie une liberté qui n’est pas à l’abri de la violence ?

 

 

 

        Cette loi n’institue pas un Etat-caméra, elle va simplement dans la direction de la liberté qui comme le disait Montesquieu «  chez un citoyen provient du sentiment qu’il a de sa sûreté ».

 

 

 

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