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 Christian VANNESTE

Député UMP du Nord
Vice-Président du CNI
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Jeudi 15 mai 2008

Le Paradoxe est souvent la clef des processus historiques. L'explication en est simple. A la succession mécanique des causes et des effets propre à une conception marxiste doit s'imposer l'idée de TOYNBEE : l'histoire est faite de défis et de réponses, parce que les hommes ne sont pas des choses mais des consciences plus ou moins lucides et des volontés plus ou moins tendues.


La crise OGM du Groupe UMP, en grande partie d'ailleurs surévaluée par les journalistes jamais avares d'antiparlementarisme, peut être bénéfique en renforçant par réaction la cohésion du groupe, comme on l'a vu lors des Questions d'actualité d'hier après-midi [Jean-François COPE a été ovationné].


Mardi, lors de l'examen du texte dans l'hémicycle, une première motion de procédure socialiste, « l'exception d'irrecevabilité », est repoussée par la majorité. La seconde, communiste, « la question préalable », passe à une voix près. De nombreux députés UMP travaillant en Commission : Lois, Affaires sociales. Je participe moi-même (cf article de 20 Minutes) à la réunion de la Mission d'information sur les Lois mémorielles sous la présidence de Bernard ACCOYER avec les auditions de Serge et Beate KLARSFELD puis de Denis TILLINAC. D'habitude, le Groupe UMP rameute ses troupes lorsque un vote est jugé difficile. Il ne l'a pas fait, tout simplement parce qu'il y avait plus de députés UMP dans l'hémicycle que de députés de l'opposition. Simplement chacun de ceux-ci avait un pouvoir ce qui n'était pas le cas de ceux-ci. Simple péripétie donc, mais si les couplages des votes n'étaient pas faits, c'est que beaucoup de parlementaires n'étaient sans doute pas très motivés...


Cet incident a manifestement redonné de l'énergie au groupe . Mais cette manoeuvre tactique de l'opposition a surtout eu le fâcheux résultat d'empêcher le débat sur le fond, c'est-à-dire le vrai travail parlementaire. Pour la dignité de la vie démocratique, j'aurai préféré voter contre le texte après une libre discussion que d'être associé si peu que ce soit à ce jeu qui n'est pas digne du Parlement. Mais cette préoccupation est sans doute inconnue des socialistes.



NB/ Le titre de cet article, vous l'aurez sans doute reconnu, est tiré des Mémoires d'Outre-Tombe de Chateaubriand.
par Christian Vanneste
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Mercredi 14 mai 2008

Réunion, ce matin -après la réunion convoquée en urgence des députés du groupe UMP-, de la Commission des Lois afin d’examiner les amendements sur le Projet de loi constitutionnelle de Modernisation des Institutions de la Vème République (discussion qui reprendra cet après-midi après les Questions au gouvernement).


J’ai notamment eu l’occasion de prendre la parole à deux reprises : ma première intervention portait sur le mode de scrutin.


J’ai donc rappelé que les parlementaires sont certes des représentants mais qu’ils ne représentent pas des convictions ou des courants mais des citoyens lesquels peuvent parfaitement voir leurs opinions évoluer pendant un mandat. Ils ont simplement confié à leur représentant l’expression de la Volonté générale. Pour reprendre la fameuse distinction de Max Weber, être parlementaire ne consiste pas à participer à une confrontation d’opinions mais à détenir la responsabilité d’écrire la loi au nom du peuple et dans l’intérêt du pays plutôt qu’en conformité avec telle ou telle idéologie. Tout le monde aura compris que je défends plus que jamais le scrutin majoritaire par circonscription sans aucun recours à la proportionnelle dans la logique des pays anglo-saxons. Ceux-ci n’ont jamais connu de menace totalitaire alors que le NSDAP n’a pu prendre le pouvoir en Allemagne que par le biais de ce mode de scrutin. Ainsi, pour moi, la proportionnelle est dangereuse. Elle n’est pas l’expression de la démocratie, et elle constitue même une menace pour celle-ci dès lors qu’elle permet à une minorité de faire pencher la balance du pouvoir du coté qu’elle souhaite.


En second lieu, j’ai, une fois de plus, insisté pour m’opposer au contresens démocratique du vote des étrangers, m’appuyant sur le fait que la démocratie est fondée sur le droit de vote des citoyens c’est-à-dire ceux qui appartiennent à la Cité aujourd’hui à la Nation. Cette appartenance, la nationalité, dépend certes du droit du sol ou du droit du sang, mais au-delà, et de manière plus légitime, dans une démocratie moderne, elle doit dépendre de la volonté librement exprimée, de l’adhésion au Contrat social. Le lien constamment fait par les socialistes entre la présence et l’implication économique avec la citoyenneté, est non seulement un contresens mais encore une injure aux valeurs de la République, puisqu’elle remplace une adhésion volontaire à des valeurs par une insertion de fait dans un système de production et d’échange économique. D’une certaine manière, c’est un retour au suffrage censitaire qui faisait reposer le droit de vote sur l’imposition…


Comme d’habitude, j’ai essuyé les foudres de mon cher collègue Noël Mamère, intellectuellement sans consistance, idéologiquement sans mesure. C’est la raison pour laquelle et pour en finir je lui ai dit : « Talleyrand a un jour dit que “tout ce qui est excessif est insignifiant“, vous êtes pour moi l’illustration vivante de cette formule et c’est la raison pour laquelle, pour notre majorité, c’est cette fois une phrase célèbre de Voltaire à peine déformée qui s’applique à vous : “si Mamère n’existait pas, il faudrait l’inventer »…

par Christian Vanneste
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Mardi 13 mai 2008

Le Président de la République recevait les députés UMP à l’Elysée mercredi dernier. Le chef d’orchestre voulait recréer l’harmonie après une série de couacs, d’improvisations dissonantes et le bide des municipales. L’applaudimètre a salué l’artiste, malgré quelques oreilles blessées. Mais le malaise est-il dissipé ?

Malaise : c’est le sentiment avoué par ma voisine avant de succomber au charme. Le ton du début était, il faut le dire, surprenant. Le Président avait commencé Musette sur l’air du « Non ! Je ne regrette rien » à l’accent gouailleur et complice. Certains, mal intentionnés, ont entendu « j’ai toujours raison ». La suite fut une interprétation du thème : « lorsque je m’ausculte, je m’inquiète. Lorsque je me compare, je me rassure », thème et variations sur De Gaulle et ses échecs électoraux, Mitterrand et ses alcôves de la République, Chirac, son ambition au long cours et son immobilisme. Certes. Encore faut-il que le triomphe incontestable de 2007 ne soit pas qu’un feu…d’artifice, et qu’il y ait des résultats propres à permettre une réélection, que les trois cités ont obtenue, mais pas toujours en raison des résultats.

Mon inquiétude à ce sujet est double. D’abord, parce que l’électorat populaire perdu entre 2007 et 2008 ne reviendra pas nécessairement. Ensuite, parce que la méthode de Nicolas SARKOZY se résume à ne pas être une cible immobile. C’est cette tactique de mouvement perpétuel qui lui dicte d’employer systématiquement le mot « conservateur » dans un sens péjoratif.

Comme il l’a rappelé dans un roulement de timbales à la Lully, on voulait qu’il aille au centre, il a, au contraire, parlé de l’immigration et de l’identité nationale. Erreur dans laquelle il a persévéré au second tour avec le succès que l’on sait ! Le stratège du mouvement avait cassé les lignes, démenti les analyses classiques, et conquis le peuple de droite, ceux qui, précisément, sont sensibles à la sauvegarde des valeurs fondamentales. Bref, il a rallié les conservateurs, les populistes ceux que méprisent les bobos qui votent Delanoë.

Mais si on ne gagne jamais sur un bilan, et toujours sur une rupture, on peut s’interroger sur la prochaine rupture. Il est désormais pour le vote des immigrés que « sa » majorité actuelle ne souhaite pas. Un mot de regret sur l’amendement ADN de son fidèle ami Mariani m’a surpris. Son insistance à soutenir et promouvoir la loi Taubira va aussi dans cette direction qui ne peut que décevoir beaucoup ceux qui l’ont élu et que ne satisfait pas la présence de Nadine Morano à la Famille.

Avec les questions des députés, les violons furent de la partie, à part un léger grincement d’Hervé de Charrette sur la réforme des Institutions. Pour le reste, on s’est contenté des récriminations habituelles sur les lenteurs de l’administration.

Resté inutilement le droit levé, je ravalais la question que voici : « Monsieur le Président, je vous ai toujours soutenu pour votre dualité : conviction et habileté unies dans un souci permanent d’équilibre. La loi sur l’immigration assortie du rejet de la double peine demeure un modèle. En revanche, je ne perçois plus cette heureuse synthèse dans trois aspects de votre politique.

Où est l’habileté de l’ouverture ? Elle évite, selon vous, le passage de la gauche à la social-démocratie, mais elle lui a redonné du crédit, conforté le stupide ascendant idéologique dont elle bénéficie dans notre pays, alors que 2007 était avant tout, contrairement à 1995 et à 2002, une défaite sur le terrain des idées.

La valeur-travail et le pouvoir d’achat ont joué un rôle déterminant dans votre victoire. Mais le pouvoir d’achat est resté bien seul après la débandade de la TVA sociale. Ce n’est pas anecdotique, car l’emploi comme cause de la richesse, c’est une politique de l’offre. La priorité donnée à un pouvoir d’achat, par nature toujours insatisfait, c’est une politique de la demande. C’est aussi différent que la droite et la gauche. Les mauvais sondages, comme les chiffres de notre commerce extérieur montrent qu’il n’est jamais très profitable d’affronter l’adversaire sur son terrain.

Enfin, la Présidence, comme toute autorité légitime repose sur un subtil dosage d’être et de faire, quelque fois aussi de paraitre. Nous vous avons aimé pour votre savoir-faire, mais vos prédécesseurs avaient davantage soigné le savoir-être, et souvent le paraître. N’est-il pas temps de rétablir l’équilibre ? ». Je n’avais pas l’intention de le dire, mais il me semble que l’être est essentiel chez celui qui incarne la Nation. Pour le faire, voyez le Premier ministre.

Au-delà de ces questions, s’insinue une sensation : celle d’un divorce entre l’attente et le devenir. Celle-là était populaire et de droite. Le devenir, lui, dépasse les clivages, et réunit tous ceux qui s’enthousiasment d’une mondialisation dont ils ne subissent pas les effets, qui applaudissent à une Europe sans âme, dont ils n’ont pas besoin qu’elle les protège, qui rêvent de l’avènement de l’individu-roi, jouissant sans entrave morale, ni lien national, voire familial du grand marché cosmopolite à l’ombre des droits de l’Homme et de la Charte de l’Environnement.

Faut-il rappeler que dans cet univers pacifié, sans droite ni gauche, substituera une fracture entre celui qui fera son marché planétaire et celui qui fera ses courses le dimanche au hard discount du coin, pas sûr de conserver son emploi dans la production nationale. On voit renaître à travers elle un antagonisme plus profond que celui qui oppose les positions des socialistes aux libéraux. C’est celui qui oppose le conservatisme pour qui l’économie libérale n’est qu’un moyen au service de l’Homme et le libéralisme pour lequel le droit et le marché ont leur logique dont l’Homme est prisonnier.

par Christian Vanneste publié dans : France
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