La justice s'écroule... Ce n'est pas un avertissement mais une confirmation...

Publié le par Christian Vanneste

Le drame du petit ENIS inspi re de nombreux témoignages. Si le citoyen que je suis partage avec modestie la peine de ces proches qui souffrent, l’homme public entend avoir une réflexion politique sur le rôle de la Justice qui va décidemment bien mal dans notre pays. Je n’ose non plus répondre aux âmes bien pensantes, bien souvent de gauche, qui, en même temps qu’elles pleurent publiquement sur le viol de cet enfant, trouvent indécentes les solutions proposées par le Président de la République et le Gouvernement. Ils sont alors les alliés objectifs de la barbarie…

Libres et responsables, tels devraient s’affirmer avec fierté les citoyens d’un état de droit, d'une République, une Démocratie, libres de déterminer ensemble la politique de la Cté, d’en définir le Bien Commun, de l’exprimer par la loi et d’obéir à celle-ci en assumant ainsi leur responsabilité et en subissant légitimement la peine prévue pour lui avoir désobéi.

C’est Jean-Jacques ROUSSEAU qui affirmait avec raison : « J’aurais voulu vivre et mourir libre, c'est-à-dire tellement soumis aux lois que ni moi, ni personne, ne pût en secouer l’honorable joug ». Il est aujourd’hui nécessaire de rappeler : pour un républicain, obéir à la loi, c’est obéir à soi-même. Lui désobéir, c’est se trahir.

Alors on peut expliquer, comprendre, excuser la désobéissance, mais il faut dans le même temps indiquer avec lucidité qu’on s’éloigne de la Démocratie et de la République parce qu’on se livre à un déni en même temps qu’on délivre un aveu. Affirmer l’irresponsabilité du citoyen c’est accepter l’absence de liberté et de responsabilité de celui-ci. C’est refuser le fondement même de la démocratie, c'est-à-dire la capacité de ses membres de se déterminer par la Raison et la volonté.

De ce point de vue, la justice qui réprime et sanctionne honore le coupable qu’elle reconnaît responsable de ses actes et capable de modifier son comportement à la lumière de l’exemplarité de la peine. On jugera cette conception simpliste et dépassée mais ce sera alors faire un triple aveu : la démocratie est une illusion si les citoyens ne sont pas capables d’être des hommes libres. La justice n’est pas une institution qui applique la loi au nom du peuple français. La justice est une machine à rendre compatibles des comportements déviants avec l’existence de la société dans sa réalité soit en banalisant la déviance soit en la rééduquant ou en la soignant sur la base des déterminismes que les sciences auront révélés, soit en la mettant hors d’état de nuire. De fait, la multiplication des explications sociologiques ou psychologiques de la criminalité est une atteinte profonde aux fondements même de la démocratie : si la justice n est pas destinée à punir une liberté coupable c’est que l homme n est pas un citoyen libre digne de vivre en démocratie. La complicité du déterminisme sociologique et du totalitarisme dans le marxisme est assez claire, aussi claire que celle du déterminisme génétique avec le totalitarisme nazi.

Une justice digne de la république doit toujours considérer que la liberté est essentielle et l’excuse par la cause étrangère, accidentelle et seconde, sauf à nier chez une personne sa pleine humanité.

A citoyen libre, magistrat libre lui aussi qui doit assumer sa responsabilité d’avoir à appliquer la loi dans l’esprit qui l’a inspirée, sans se réfugier dans les explications des sciences humaines lorsqu’il condamne, ni dans le manque de moyens matériels lorsqu’il faillit à l’application de la peine. La matière a bon dos lorsque manque l’esprit qui doit veiller à la cohérence de la chaîne judiciaire. On voit que la plupart du temps, chez le magistrat distrait quant aux dates, ou qui reporte un rendez-vous parce qu’il prend ses vacances de même que chez le médecin qui prescrit du viagra à un délinquant sexuel récidiviste, il y a une défaillance humaine plus qu’un manque de moyens. Outreau après Auxerre l’avait bien souligné. La Démocratie repose sur la liberté d’esprit et non sur les déterminismes matériels. La République exige un engagement moral et non la démission par manque de moyens, qui ne cessent d’ailleurs d’augmenter...

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la soeur de Bianca 03/09/2007 12:00

Je persite à dire qu'il était un peu léger de la part du médecin de prescrire du Viagra. Un quart des détenus l'étant pour des délits sexuels, cela paraît inconséquent. Et si ce n'était pas un délinquant sexuel, comment le médecin pouvait-il savoir qu'il aurait des difficultés d'ordre sexuel une fois sorti de prison ?

Louis Cypher 03/09/2007 10:57

@ TicetTac.Non, pas tous pourris ni incompétents : au sein de l'hémiscicle subsistent encore quelques personnes compétentes qui travaillent avec assiduité leurs dossiers et qui maîtrisent leur sujet. Malheureusement, le clan des paresseux et des imbéciles est largement plus puissant : à quoi me servirait-il alors de tavailler sachant qu'une bande d'irresponsable ne lira jamais mes conclusions et votera comme un fidèle animal de compagnie à ce que demandera le gouvernement ? Dans le secteur privé (où je travaillais avant d'être en retraire - merci vanneste), la compétence est le socle de la réussite : le système - mis en place pour le pouvoir législatif - interdit toute erreur au secteur privé. Par contre, aucune sanction prévue contre l'incompétence administrative, fonctionnaire ou politique : faites ce que je dis mais ne faites pas ce que je fais...Lisez donc les lois, regardez le résultat sur le terrain : les aberrations sont flagrantes, le manque de travail et de réflexion criant ---> comment voulez-vous donc faire confiance à une classe politique aussi incompétente ? Etes-vous donc content d'entendre les memes propositions depuis 20 ans, que les memes erreurs se répètent inlassablement ? Que les diagnostics ne soient jamais suivis d'action cohérentes ? La loi est le socle de la République : que faire lorsque l'appareil législatif marche sur une jambe, que les textes sont sans queue ni tete, se marchent dessus, sont  mal ficelés, mal travaillés, mal rédigés ??? Citez-moi une bonne loi depuis 5 ans. Une loi qui n'aie pas de failles, bien entendu. Comment faire confiance à une chambre qui n'a aucun sens des responsabilités ? Aucune sanction en cas d'incompétence ? On en arrive aujourd'hui à voter pour le moins pire de 2 candidats lors de législatives, avec un taux d'abstention frolant le désaveu ---> A quand le vote blanc reconnu ?Est-il démago de se plaindre du travail législatif absolument lamentable ? Est-il démago de pointer  le fait que la complexité administrative et l'instabilité législative coute prêt de 0,8 à 1,3 % de croissance à la France chaque année ? (sources : Cour des comptes 2004 / 2005, si mes souvenirs sont exacts).Pouvez-me m'affiremr, sans sourciller, que les députés font un travail remarquable ? Que les lobbys ne rédigent pas les lois ? Que les débats avec 30 personnes assises servent à quelque chose ?@Barbara.Milles escuses pour la confusion. Mais ca reste dans la famille.Pour le cas des pédos-violeurs, vous êtes donc d'accord pour dire comme moi qu'il n'y a pas d'erreur humaine de la part du médecin (comme l'écrit si savament le député vanneste), mais plutôt un trou béant dans le système. Et il est du ressort du pouvoir législatif de combler ce vide juridique concernant ces criminels "à vie" ---> donc, à l'assemblée de résoudre le problème, et non pas aux médecins qui ne peuvent faire plus que ce que permet la loi.

la soeur de Bianca 31/08/2007 09:18

Dans le cadre de la protection de la vie privée, les fichiers sont tenus sous haute surveillance. L'usage qu'en a fait le pouvoir nazi a laissé une méfiance.viscérale. Je vous rapelle que naguère une campagne avait été lancée pour dénoncer l'intauration d'une atteinte injustifiable à l'intimité du citoyen : la possibilité de fouiller sa voiture sans commission rogatoire. 
Je reconnais avec vous que les violeurs et pédophiles devraient être traités dès leur incarcération et je ne vois pas que cela soit possible si le médecin n'est pas au courant du crime commis. Je pense aussi que si le détenu n'est pas guérissable, il devrait être gardé enfermé (que ce soit dans un hôpital ou une prison ne change rien à l'affaire puisqu'il serait de toute façon privé de liberté). Mais ce serait alors une atteinte aux droits de l'homme. Difficile de se sortir du piège.
Barbara.
PS Bianca, c'est ma soeur et non moi.

Ticetac 31/08/2007 08:50

C'est bien facile de critiquer cher Louis mais faites vous élire et écrivez alors vos propres lois si vous trouvez que nos gouvernants sont inaptes. Ou alors instaurez une bonne vieille dictature comme cela vous pourrez faire ce que bon vous semble. C'est un tantinet démago ce que vous dites: tous pourris, tous incultes, tous lâches, tous inaptes ! Trop facile, nan?

Louis Cypher 31/08/2007 00:04

@ Bianca.- Les détenus peuvent avoir une vie sexuelle en prison : outre l'homosexualité, je vous rapelle qu'il existe des salles aménagées pour que les détenus retrouvent en intimité leur compagne. - Le médecin ne peut avoir accès au casier judiciaire du détenu ---> LA FAUTE, LA RESPONSABILITE en revient à 100% au législateur qui n'a prévu aucun garde fou contre les pédos-violeurs. D'autre part, qu'est-ce qui empêche un violeur de se faire prescrire des pilules bleues alors qu'il est en liberté ? rien... A l'heure de l'informatisation complète de la société, du croisement des bases de données et de la future dissolution de la CNIL (faute de moyens pour perdurer...), vous admettrez qu'il y a de quoi rester perplexe ??
Dans le cas bien précis dont parle le député :- Le violeur allait être libéré ---> le prévenu peut donc se faire prescrire des petits "boosts" d'érection sans éveiller de soupçons.Il n'y a pas à proprement parler d'erreur humaine, juste une faille grossière dans le système, voilà tout. Et, parait-il, 577 personnes sont grassement rémunérées (sans parler de leurs sous-fifres) pour éviter qu'il y ait des failles grossières dans les lois. Qu'un des 577 tente de faire porter le chapeau sur les "executants" dans cette affaire est tout simplement grotesque. un manque flagrant du sens des responsabilités. Un signe évident de lâcheté.Si il y défaillance humaine, en effet, elle est à chercher chez le législateur, incapable de réfléchir aux gardes fous à mettre en place contre ces délinquants sexuels multi-récidivistes. Espérons que des personnes plus compétentes se saisiront du dossier...