Cachez-moi ces Sikhs que je ne saurais voir...

Publié le par Christian Vanneste

J’apprends, à la lecture d’un des articles d’un blog que je visite souvent, que les Sikhs de France vont bientôt avoir un lycée à eux… Pourquoi ? Car la loi dite de l’interdiction « du foulard islamique », interdit tout port d’un signe religieux ostentatoire : voile, croix pectorale…

On voit bien, l’absurdité de cette loi : les Sikhs sont montrés du doigt à cause de leurs turbans, alors même que ce turban cache le vrai signe religieux : les cheveux qu’ils ne doivent pas se couper ! Ils sont donc pourchassés des établissements scolaires publics car ils cachent leurs signes ostentatoires… !

J’ai été un des seuls députés de l’Assemblée Nationale, à m’opposer à cette loi jusque dans mon vote, malgré la pression médiatique et, sans doute, la pression populaire. J’avais, et les débats du Journal Officiel en font foi, d’ailleurs pris cet exemple absurde des Sikhs…

Car je considère que la laïcité n’est pas un slogan, une antienne que l’on ressort pour masquer la pauvreté du discours sur le religieux de nos prétendues élites. Car je considère que la laïcité à laquelle j’aspire, n’est pas celle de la négation des religions : elle doit, bien au contraire, être celle qui permet aux religions de vivre dans la Cité , car elles sont le sel des hommes…

Ce n’est pas en interdisant le voile islamique, que l’on résoudra le problème de la place de la femme dans la société ou que l’on empêchera le développement du terrorisme ! Quelle absurdité que de croire que l’on peut, à coups de décrets, changer des maux profonds de la société !

Car enfin, est-ce bien cela la tolérance de la République quand elle empêche les hommes de vivre leur foi, quand elle empêche les croyants de dire ce qu’ils pensent de la famille et de la vie, en complet accord avec les textes religieux les plus fondamentaux ?

On commencera à empêcher le communautarisme et l’extrémisme religieux, le jour où l’acceptera de considérer que le religieux n’est pas du domaine privé : il est, bien évidemment, du domaine public. Notre morale s’en inspire, notre calendrier, la géographie de nos villes et nos villages avec ses églises centrales, nos jours de repos, nos philosophes, notre peinture, notre conception de la famille, de l’argent, de la vie… et jusque dans les chansons de Brassens, « anticlérical fanatique » comme il se définit lui-même, on retrouve ce bon prêtre, tantôt libertin tantôt généreux…

Pour faire vite, tout est spirituel : c’est de l’oublier que la société française se meurt, en cachant ses propres turpitudes derrière un relativisme destructeur (« tout se vaut ! ») ou une intolérance éhontée.

Il appartient à chacun de croire ou de ne pas croire et c’est heureux ! Mais une société véritablement respectueuse des croyances de chacun (le droit à l’opinion religieuse est consacrée par la Déclaration des Droits de l’Homme…) ne doit pas nous refaire le coup de la chasse aux curés, mais bien comprendre, avant d’user de la contrainte, pourquoi certains nombres de jeunes et de moins jeunes se tournent ostensiblement vers une certaine forme de spiritualité…

 

 

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Bianca Castafiorrre 17/03/2007 09:37

Tout à fait d'accord, Barbara : j'ai émis il y a déjà longtemps l'idée que les hommes aussi devraient être complètement voilés. Car eux aussi peuvent donner du désir aux femmes.Ravie de savoir que cette idée fait son chemin.

la soeur de Bianca 17/03/2007 06:14

J'ai oublié de signaler qu'il y a quand même une marge entre avoir une tenue décente et être voilé(e) de la tête aux pieds (bien qu'entre l'indécence et l'excès de pudeur je préfère encore l'excès de pudeur : entre deux maux, il faut choisir le moindre). D'ailleurs, si une femme ne peut être décente que voilée, alors que les hommes aussi le soient. Je ne vois pas en quoi le visage de la femme serait plus impudique que celui de l'homme.
Barbara.

la soeur de Bianca 16/03/2007 21:21

@  LDelort
Quitte à me répéter, oui je pense qu'il est malsain que hommes ou femmes aient des comportements provoquants qui attisent les désirs sexuels.
C'est la cause de bien des viols. Dans le cadre de la Fraternité prônée par notre devise nationale, chacun devrait faire attention à ne pas induire en tentation son concitoyen plus faible et moins armé pour résister à ses ardeurs génésiques.
D'accord que dans le cas des hommes qui aguichent les femmes, ça risque moins de déboucher sur des viols, vu la différence de force physique. Mais enfin je ressens cela comme une agression, un manque de respect.
Barbara.

LDelort 16/03/2007 16:04

@Barbara (post 68)
Je crois avoir compris vos propos, mais bon...sur un blog, les malentendus sont possibles.
Quoiqu'il en soit, après relecture, je confirme que vos mots sont les mêmes que ceux de certains qui souhaitent que les femmes soient voilées, la féminité dissimulée car intrinsèquement impudique.
Ce n'est même pas un jugement sur vos dires, un constat, c'est tout.

la soeur de Bianca 16/03/2007 06:53

à propos de payer ou non son boulanger :
Que personne ne paie son boulanger est une hypothèse de travail pour voir quelles seraient alors les conséquences (tout comme l'hypothèse que tout le monde devienne homosexuel)
personne ne paie son boulanger --> les boulangers ne fabriquent plus de pain (sauf peu^t-être pour leur consommation familiale) --> il n'y a plus de pain sur le marché
réflexion du législateur:
il y a les gens qui estiment juste que le boulanger soit rétribué pour son travail (principe d'équité)
il y a ceux qui estiment nécessaire que le boulanger soit rétribué (l'équité ne les touche guère mais le problème pratique si : ils veulent pouvoir obtenir du pain)
pour ceux qui ne sont touchés par aucun de ces deux aspects, instaurons une loi qui interdise de prendre le pain sans payer