Obamania : la star plutôt que le héros...

Publié le par Christian Vanneste

La victoire de Barack OBAMA est logique. Les frétillements de bonheur de la médiocratie française sont grotesques. L’Amérique a fort logiquement choisi le changement pour condamner une politique et un parti qu’elle juge responsables de la crise financière et de ses conséquences économiques. Le vainqueur, dont l’expérience politique se limite au niveau national à un seul mandat de sénateur, a, en revanche, démontré des talents éblouissants en matière de communication. Si sa victoire est objectivement fondée sur l’apparente évidence de la nécessité du changement, l’enthousiasme panurgien des médias français, comme d’habitude, repose sur des éléments les plus superficiels et les moins déterminants : les américains auraient-ils, en dehors du contexte économique, choisi un beau parleur sans expérience, plutôt qu’un authentique héros, connu pour son travail de sénateur à la fois sérieux et ouvert ?


Les américains ont-ils voulu délibérément affirmer en élisant Barack OBAMA que le règne des “wasps” était révolu ? Si certains électeurs ont exprimé un vote communautaire, ce qui recèle bien des dangers, on ne peut que le regretter. Mais cela demeure secondaire par rapport à la volonté dominante de changement dans le domaine économique et social. C’est dans ce domaine que va apparaître d’une part la solidité du vote américain et d’autre part la légèreté de l’enthousiasme français. Malgré son inexpérience, Barack Obama sera entouré de nombreux conseillers dont pas un seul qui ne soit profondément attaché au système capitaliste. Autrement dit, cet homme qui séduit la gauche française et une partie importante de la droite, se situerait à l’évidence chez nous au centre-droit.


Sans doute, peut-on manifester davantage de crainte sur les questions sociétales. Les trois référendums d’initiative populaire qui ont eu lieu, en même temps que les élections présidentielles, dans les États de Californie, Arizona et Floride ont défini une nette majorité hostile au pseudo “mariage homosexuel”. On ne peut que se réjouir de la résistance de la société américaine, même dans la Californie si libérale, devant des évolutions si contraires au droit naturel.


Enfin, si beaucoup ont critiqué l’aventurisme de Georges W. BUSH sur le plan international, il convient de rappeler les faiblesses coupables de CARTER avec l’Iran et de CLINTON en Somalie et au Yémen, pour souhaiter que le futur Président des États-Unis s’en tienne à une ligne médiane à la fois ferme et mesurée.


Par ailleurs, je veux réagir à l’affirmation stupide du journal Le Monde (pléonasme ??), dans son édition du jeudi 6 novembre : “à cet instant, nous pouvons dire, avec beaucoup plus de convictions que le 11 septembre 2001 : nous sommes tous américains“. Je pense, pour ma part, que ce jour-là, le monde libre s’était senti américain parceque les valeurs communes du monde libre, nos valeurs, avaient été touchées en plein cœur, à travers des milliers de victimes innocentes. Aujourd’hui, les américains ont simplement élu celui qui devra défendre les intérêts américains dans le monde, intérêts qui ne seront pas toujours les nôtres comme c’était le cas pour son prédécesseur. Il est consternant que ceux qui prétendent informer se livrent à de pareilles confusions…

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ldelort 16/11/2008 14:30

Nul ne sait si Barack Obama aurait été élu dans un autre contexte économique... comme nul ne sait s'il aurait été élu si son adversaire avait choisi une autre colistière que l'incroyable (!)Sarah Palin aux propos savoureux à défaut d'être éclairés, si George Bush avait un autre bilan, si, si...On ne peut en effet pas dire que M. Obama, si on voit les choses à l'aune de l'échiquier politique français, soit un homme de gauche, mais qui a dit le contraire ?Je comprends toutefois que la gauche française soit séduite par le candidat démocrate face à son adversaire républicain, parti républicain dont nombre de partisans considèrent que "socialiste" est une insulte ! Et comme Louis Cypher l'a souligné, considèrent aussi que "français" est une insulte... (alors, "socialiste français"... je vous laisse imaginer !).M. Vanneste, je porte aussi à votre attention que deux autres référendums d'initiative populaire ont eu lieu au Dakota du Sud et au Colorado ; mais je pense que vous ne l'ignorez pas, pas plus que le résultat de ces deux autres référendums.Il est surtout intéressant de noter que les questions sociétales qui encore récemment étaient des questions centrales lors des élections présidentielles américaines, ne sont plus décisives.Que ces référendums aient pu être organisés le même jour que les élections présidentielles n'y change rien ; les fameuses valeurs chrétiennes relatives à la sexualité ne sont plus des questions pivots.

Louis Cypher 07/11/2008 09:25

il est intéressant de noter que le député vanneste soutient un parti qui a utilise le terme "français" comme une insulte et un dénigrement de son adversaire.Il est intéressant de remarquer que vanneste préfère soutenir un parti qui n'a que mépris pour la France plutot que le parti adverse, traditionnellement plus ouvert sur l'Europe. Dernière petite question : il s'est souvent déplacé aux USA, le député vanneste ?Ah, au fait, pour "affirmation stupide", j'opte pour ma part pour un autre pléonasme. Inutile que le cite, c'est marqué dans le nom du site que vous lisez.

Thibault Loosveld 06/11/2008 23:34

Le Parti Républicain avait mis en ligne “The Obama Iraq Documentary”, vidéo édifiante sur les changements d’avis du candidat démocrate. Quant à l’agression russe en Géorgie, c’est bien John Mac Cain qui l’a condamnée et non pas le nouveau Président des Etats-Unis.
Après avoir traîné dans la boue le parti républicain, que va faire “Signal”, pardon, “Le Monde” ? Fustiger la politique internationale de Nicolas Sarkozy bien sûr !

seb 06/11/2008 18:20


Assez d'accord avec Gerard sur le sujet.
En tout cas...Ca y est...le "phénomène Obama" fait dire n'importe quoi à la HALDE !
La Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) publie en effet aujourd'hui une grande enquête sur la place des stéréotypes et des discriminations dans les manuels scolaires. Pas moins de 29 ouvrages et 3 097 illustrations ont été passés au crible.
Passons sur l'accusation de racisme avec des représentations qui contribuent à entretenir :
"une vision inégalitaire entre Noirs et Blancs en faisant appel à un registre émotionnellement inutile".... pour nous intéresser au sujet religieux. La Halde accuse les manuels d'entretenir une discrimination à l'égard de l'islam :Nathan (manuel d'histoire-géographie de terminale) illustre l'islam avec une mosquée située hors du territoire national, et le catholicisme avec la cathédrale de Chartres. Forcément, un tel choix ne peut que renforcer l'idée que l'islam est une religion étrangère à la France. Surtout que le texte évoque "la crise des vocations" mais jamais "l'évolution de la pratique religieuse".
De même, le recours à la symbolique du voile, notamment du niqab, dans une illustration évoquant le refus de l'Union européenne d'intégrer la Turquie qui "risque surtout de renforcer le stéréotype selon lequel le port du voile justifie toutes les formes de rejet et d'exclusion".
La Halde estime qu'un débat et des recherches mériteraient d'être engagés sur l'enseignement de la religion en France, notamment sur la représentation de l'islam et des musulmans dans les manuels scolaires. D'autres exemples accusateurs :
en sciences de la vie et de la terre, les corps noirs sont particulièrement peu représentés. l'origine étrangère de Picasso n'est pas systématiquement évoquée. Bon, allez ! Je suggére à la Halde de cesser d'y aller par 4 chemins et d'exiger maintenant aux manuels racistes d'enseigner noir sur blanc, que la France est un pays de race métissée, de culture nord-africaine et de religion musulmane (pour paraphraser De Gaulle)."C'est très bien qu'il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu'elle a une vocation universelle. Mais à condition qu'ils restent une petite minorité. Sinon la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine, et de religion chrétienne […] Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans, qui demain seront peut-être vingt millions et après-demain quarante ?" (citation De Gaulle : dictionnaire des citations)
 

Gérard Hardy 06/11/2008 07:08

Il est assez difficile de voir en M. Obama l’incarnation d’un réel changement aux Etats-Unis. Celui-ci est en effet le candidat de tous les lobbies, des peoples toxicos-multimillionnaires, des journalistes, bref, du système. Quoi de neuf hormis sa couleur ?http://www.cni-aude.over-blog.fr