Vanneste sur les parachutes dorés

Publié le par Christian Vanneste

J’ai posé une Question d’Actualité ce jour au ministre du travail, Xavier BERTRAND, relative aux parachutes dorés. Vous trouverez ci-dessous la question en attendant la réponse du Gouvernement (et la vidéo).

Il peut y avoir du capitalisme sans démocratie. Il n’y a pas de démocratie sans capitalisme. Mais, le lien entre les deux, c’est l’éthique, cette morale rigoureuse qui est l’esprit du capitalisme et qui exige une société décente.

La commission européenne l’a recommandé depuis 2004. La Hollande a déjà légiféré à ce sujet. Des organisations patronales ont fait hier des propositions. Quelles mesures entendez-vous prendre pour que le capitalisme financier cède à nouveau la place au capitalisme de la production et de l’innovation, pour qu’il soit à nouveau en phase avec l’éthique de la démocratie ?

La pratique des parachutes dorés est à cet égard d’une indécence criante. Est-il normal que les 5 responsables des banques d’affaires américaines les plus célèbres se soient partagés 3 milliards de dollars en deux ans ? Est-il acceptable que les deux responsables d’une grande entreprise française qui a fait perdre des emplois à ses salariés et de l’argent à ses actionnaires s’en aillent avec plusieurs millions d’euros ? Est-il tolérable que le patron d’une grande entreprise de distribution empoche en partant 350 années du salaire d’une caissière ?

Le Président de la République l’a rappelé à Toulon : il est temps de mettre un terme à ces provocations indécentes. Il n’y a pas de marché international des patrons qui échouent. Il ne doit pas y avoir de prime à l’échec, de récompense pour ceux qui font perdre des emplois ou ruinent leurs actionnaires. Le maintien de l’emploi, l’intéressement des salariés sont à cet égard des exigences minimales.

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JEAN DU TERROIR 24/10/2008 15:43

Contemteur, vous confondez capitalisme spéculatif assorti de mondialisme et capitalisme tout court.En effet, le capitalisme, cela peut être aussi les entreprises comme Michelin qui font "profiter" les salariés et le territoire concerné de leur chiffre d'affaires ou les PME qui n'entrent pas par définition dans la spéculation boursière et qui propospèrent dans certaines régions (en Vendée par exemple...).Il faut favoriser la PME familiale et, dans les grandes entreprises, les mécanismes d'intéressement adapté (exonéré d'impôts et de charges si possible)

Contempteur 24/10/2008 14:34

Pas de démocratie sans capitalisme, et versa-vice. La suite du texte du député montre à l'évidence l'inverse. Le capitalisme, ainsi que le montre la mondialisation qui gave quelque milliers d'hyper-riches et appauvrit le riche, qui goinfre les banques et nous racle pour payer leurs pertes (illusoires, puisqu'elles ont caché leurs faramineux bénéfices durant cinq ans dans les paradis fiscaux) est à l'évidence le FOSSOYEUR de la démocratie. M. le député Vanneste fait-il partie, comme son collègue Rebsamen, de conseils d'administrations de banque ?...Salutations citoyennes

JEAN DU TERROIR 13/10/2008 16:57

Les "parachutes dorés" incarnent la dérive d'un capitalisme dévoyé où le capital s'enrichit en se dissociant du travail.Leur nécessaire réglementation ne sera pas suffisante pour remédier ce problème.C'est pourquoi je propose que la crise financière actuelle soit l'occasion d'une réhabilitation de l'"économie réelle" http://jean.du.terroir.over-blog.fr/article-23280552.html

Charles 08/10/2008 15:19

Bravo pour cette question !

seb 08/10/2008 00:06

Merci d'avoir mis votre question. J'attends avec impatience la réponse du Gouvernement et la vidéo.
Simple remarque : est il "amoral" d'aider les banques quand elles se plantent...Et "normal" de ne pas le faire quand...A cause desdites banques idiotes et peu prévoyantes...Les petits artisans ou les particuliers...Eux...En prennent plein la figure ?
Au lieu d'injecter de l'argent aux banques...Qui de toute manière ne "prêteront" pas (car elles sont désormais méfiantes...Et puis au nom de quoi feraient elles du bénef sur l'argent public ?) Ne serait il pas mieux d'aider directement les entreprises et les particuliers ? En baissant, au prorata de la somme qu'on souhaitait consacrer à ces "générosités"...La pression fiscale ou bien le prix de l'essence (la majorité du prix provient de la TVA + TIPP !) ?
Monsieur Sarkozy a annoncé un plan d'aide de 22 milliards d'euros (étrange...D'où sort cet argent...Qu'on ne trouvait pas pour financer le RSA ou bien encore la politique sociale de la France? Sans parler du financement des équipements de nos soldats (lesquels se font gentiment tirés dessus! En attendant!)) pour soutenir le financement des petites et moyennes entreprises ? 
Il est clair que ces milliards providentiels et sortis de nulle part (à pardon...Issus de l'épargne des Français, lesquels ne sont pas "assez endettés" selon le Président de la République? Quand on ne taxe pas le Peuple on le pressure...C'est mieux!) posent des questions.
D'abord, d'où sort ce chiffre de 22 milliards ? Pourquoi pas 10, 15, 20, voire 30 ou 50 ? Qui seront les heureux bénéficiaires de ce "soutien" de l'Etat ? Et comment seront elles distribuées? Réparties ? En fonction de quels critères ?
Comment se fait il que le Parlement, qui depuis 1789, en principe, est le seul à pouvoir déterminer de la "nécessité de la dépense publique" et donc est seul à pouvoir dire si oui ou non cet argent sera dès lors bien employé...Ne soit ni associé, ni informé des "manoeuvres" d'un Président oublieux sans doute que la France est une République et non...Une Monarchie...Et encore moins un Empire (en dépit des voeux d'Henri Gaino, un non élu...Qui n'a dès lors pas à parler dans les journaux à tort et à travers !)
Ainsi donc...Le Parlement américain, qui n'a pas tellement de compétences (en raison de la situation "fédérale" des USA)...Peut voter un "plan" pour les banques...Et le Parlement français...Lui, devrait se contenter du rôle du Parlement de 1788...Les "humbles remontrances" en moins ?
Quelle finalité...Aussi...A cette dépense ? Quelle efficacité en attendre ? Croit on sincèrement que les banques bénéficiaires vont utiliser cet argent pour alimenter "l'économie réelle" c'est à dire pour offrir des crédits aux particuliers et aux entreprises ?
C'est mal connaître les banques...Et leurs actionnaires ! La première chose qu'elles vont faire avec ces 22 milliards (merci le contribuable !!!) c'est recapitaliser leur situation boursière, pour pouvoir "manger" leurs concurrentes et restaurer la confiance avec les actionnaires ! (C'est simple : dans une banque on se préoccupe en premier lieu de l'actionnaire, ensuite des gros clients (qui ne sont pas les PME et encore moins les particuliers), et enfin, dans la dernière ligne, on songe (un peu) aux acteurs de l'économie réelle...Et éventuellement...Aux salariés (lorsqu'ils ont un intéressement...Et des parts dans la banque))
Pourquoi ne feraient elles pas cela ? Parce que rien ne les obligent d'abord à s'intéresser aux PME et aux particuliers, ensuite parce qu'il n'y a aucun contrôle de l'utilisation de ces sommes, et enfin parce que...Puisque l'Etat se porte garant (une fois, deux fois, trois fois) de leur "financement"...Pourquoi tireraient elles des leçons de la crise traversée? 
Sinon...Petit tour en Europe :
La Commission contre Sarkozy sur les mesures (judiciaires vs administratives) de fermeture d'accès à internet, notamment en cas de téléchargement illégal. Et figurez-vous que c'est la Commission qui se retrouve à défendre davantage les libertés !http://www.europeanvoice.com/article/2008/10/france-opposes-internet-bill/62571.aspx
De son coté, le Parlement européen, on ne peut plus à contretemps de l'actualité, vote aujourd'hui sur une série de mesures environnementales. La quantité de mesures est telle qu'on parle de "Super Tuesday".http://www.reuters.com/article/environmentNews/idUSTRE49586A20081006?pageNumber=2&virtualBrandChannel=10279A se demander pourquoi on a fait le Grenelle de l'environnement !
Dublin est par ailleurs sous pression,: non seulement pour organiser un nouveau référendum, mais pour en rendre les règles plus inéquitables encore. La Commission et le Parlement européen souhaiteraient, en effet (et un certain Président du Conseil de l'Europe aussi), que les règles "d'écoutes" soient plus favorables au "camp du oui". C'est un peu comme si, après le 29 Mai 2005, sinon après l'élection présidentielle de 2007, un ou plusieurs pays, se permettaient de dire à la France de modifier les règles du CSA...Parce que les résultats ne leur conviennent pas ! http://openeuropeblog.blogspot.com/2008/10/duff-calls-for-end-to-fair-referendum.html
Toutefois, le Gouvernement irlandais (qui n'a pas envie de se faire rétamer aux élections européennes...Ce qui est "humain") tente d'endiguer cette pression européenne...Ce qui fait dire à l'irish times que le nouveau scrutin pourrait avoir lieu après les élections européennes...C'est à dire que les Institutions européennes devraient appliquer Nice...Et donc supprimer un commissaire, diminuer le nombre de parlementaires et...Faciliter l'élargisssement de la Croatie et de la Bulgarie à l'UE.  http://www.irishtimes.com/newspaper/world/2008/1007/1223332518349.html
Retour en France :
Jean François Copé (le mystérieux JC de Daily Fiction : explication...Daily Fiction laisse entendre que Mme Rachida Dati et le fameux JC auraient quelques relations plus qu'amicales!!...Si c'est lui le père du bébé qu'il le dise...C'est un peu énervant de voir tous les Ministres passer sur les plateaux TV en disant "c'est pas moi...Mais je sais qui c'est". Donc au passage...S'il pouvait soit prendre ses responsabilités, soit démentir...) se positionne comme garant de la fin des taxes au n'importe quoi, en défenseur de la révision constitutionnelle (on ne "réforme" pas la Constitution...On la révise...Nuance), et s'inquiète (un peu?) des déficits publics. http://www.valeursactuelles.com/public/valeurs-actuelles/html/fr/articles.php?article_id=3390
Jean Louis Borloo continue d'essayer de mettre en oeuvre ses taxes bonus malus...Mais encore faut il qu'elles soient euro compatibles ! http://www.telos-eu.com/fr/article/la_fiscalite_verte_est_elle_euro_compatible
Patrick Devedjian a quitté l'UMP pour rejoindre "désir d'avenir" le mouvement politique de Ségolène Royal, les deux partageant une passion pour le Dalai Lama
....C'est une blague bien sur !!!
Et Olivier Pastré, président d'IM Bank (Tunis), membre du Conseil scientifique de l'Autorité des Marchés Financiers, professeur d'économie à l'université de Paris VIII, qui s'interroge sur le rôle de l'Etat dans un ouvrage de choix que je conseille à tous :  « La méthode Colbert : Ou le patriotisme économique efficace »
A première vue, ce livre peut faire sourire...Après tout n'a t on pas tourné le nom de  Colbert ! En « colbertisme », mot bien souvent trop hâtivement défini, réduit?
Il faut pourtant reconnaitre à un des meilleurs serviteurs de Louis XIV ses mérites. En effet, Colbert a su donner son indépendance économique et financière à la France en un temps où notre situation n’était guère brillante. Quelques similitudes avec nos temps présents ?
Il peut faire sourire aujourd’hui mais n’aurions nous pas quelques raisons de méditer sur sa politique « industrielle » ? Ne fut-il pas l’inventeur des « Pôles d’excellence » ? Oublions nous qu’il « débaucha » aux quatre coins de l’Europe les meilleurs ouvriers pour mettre en œuvre de nouvelles manufactures ?
Il créa l’Académie des sciences, l’Observatoire de Paris, l’Académie d’architecture et l’Académie des inscriptions et belles-lettres…La forêt de Tronçais témoigne encore aujourd’hui de sa politique volontariste…
Dans son ouvrage sur Colbert, paru en 2006, Olivier Pastré un brin provocateur n’hésitait pas à lancer : « Et si le protectionnisme n'était pas un gros mot; (...) si on cessait de considérer que la protection est, en toutes circonstances, une agression contre l'ordre impérial du libéralisme triomphant? »
A la mesure de la crise, cette « provocation » devrait nous inciter à de courageuses réflexions…
En son temps, Colbert initia : « la politique commerciale la plus ambitieuse et la plus efficace dont la France de l'époque pouvait se doter ».
Comprendre que le rôle de l'Etat est d'impulser, de stimuler, de prévoir, d'organiser…
Inventer un interventionnisme « libéral » ? Quel Etat pourrait être un Etat stratège dont l'intervention sera « une arme et non un bouclier », aidant à l'émergence d'un tissu économique dynamique ?
Un Etat qui recouvrerait l’exacte mesure de ses missions et qui permettrait à ses plus grands serviteurs de pouvoir écrire :  «J'ai entendu dire que Vostre Majesté avait dépassé d'une somme considérable l'argent convenu pour le siège de Besançon. Je suis obligé de dire à Vostre Majesté que je ne pourrai pas la payer. Je la prie de considérer la misère de ses peuples et le mauvais estat des récoltes.» (Missive de Colbert Adressée à Louis XIV...Qui n'était pas réputé pour être un roi très "patient" ou même très "tolérant" à l'égard des personnes trop "familières" envers lui)
Ne serions nous pas capable de redécouvrir la «méthode Colbert» un pragmatisme qui se tient à égale distance des idéologies étatiste et libérale ?
Après tout...La France...C'est bien l'équilibre, non ? Si la France a su trouver son "modèle" pendant la guerre froide...Tant sur le plan économique et social que sur le plan des affaires étrangères...Ne pourrait on pas refaire la même chose aujourd'hui ?
Enfin, pour terminer, un site découvert récemment, vraiment réjouissant : http://www.lafrancequigagne.fr/