Avec l'été, la moisson des idées (Finkielkraut, Kelman, Copé...)

Publié le par Christian Vanneste

Plusieurs rencontres ont jalonné ces dernières journées. D’où j’ai pu récolté un certain nombre d’idées intéressantes.


D’abord, lors de la réunion de la Mission d’Information sur les Lois mémorielles. Nous avons auditionné Bronislaw GEREMEK, historien et député européen, compagnon de Lech WALESA, avec lequel il a combattu le communisme et libéré la Pologne et qui a parlé en connaissance de cause de la falsification de l’histoire par le totalitarisme.


Puis nous avons entendu Alain FINKIELKRAUT. C’est aujourd’hui une personnalité très controversée : ainsi, une de mes collègues socialistes n’a pas hésité à lui rappeler l’admiration qu’elle avait naguère nourrie à son égard et la déception qu’elle ressentait aujourd’hui. Face à cette attaque pleine de préjugés Alain FINKIELKRAUT a paru profondément blessé et a très longuement, trop longuement, développé une justification. On a déformé et amplifié des propos qu’il n’a jamais vraiment tenus. L’hypothèse que le fils d’un déporté d’Auschwitz puisse être soupçonné de racisme le révulse manifestement. Faut-il dire combien je me suis senti proche de ce plaidoyer puisque dans le fond j’ai été moi aussi victime d’une chasse aux sorcières fondée sur une manipulation de l’information au service d’une pensée étroite et ignorante. La certitude d’avoir pour adversaires des gens peu respectables quant au niveau de leur pensée et à la qualité de leur méthode renforce heureusement la volonté de maintenir le cap. C’est la raison pour laquelle j’ai interrogé Alain FINKIELKRAUT en lui rappelant sa formule suivant laquelle notre société risque de se réduire à la confrontation du fanatique et du zombie. Entre eux, y a -t-il encore une place pour la formation d’un citoyen qui ne soit pas condamné à haïr son pays pour respecter le jeu de la concurrence victimaire des communautés qui veulent y être reconnues? Sa réponse ne m’a pas déçu: on ne peut pas s’intégrer dans une Nation que l'on n'a pas appris à aimer.


Cela a été également l’occasion de faire allusion à l’échange très fructueux que j’avais eu le même jour avec Gaston KELMAN l’auteur de «Je suis noir et je n’aime le manioc ». Au lieu de multiplier les commémorations de l’esclavage à des jours différents dans les diverses collectivités d’Outre Mer, il serait plus utile que les jeunes français connaissent l’histoire de Félix EBOUE, né en Guyane comme Madame TAUBIRA, descendant sans doute d’esclave, mais qui, par reconnaissance envers la République a été la première autorité territoriale à rejoindre le Général DE GAULLE, devenant ainsi Gouverneur de l’Afrique équatoriale française au nom de la France libre.


Le soir, en compagnie d’Olivier DASSAULT et du Groupe parlementaire Génération Entreprise, nous étions reçus par Nonce PAOLINI et son équipe, à TF1. Le sujet d’actualité résidait évidemment dans la remise du Rapport de la Commission COPE sur le financement de l’audiovisuel public. De notre échange trois questions me paraissent préoccupantes. Tout d’abord à quoi correspond la notion de service public dans l’audiovisuel ? A cette première question s’agrègent immédiatement le problème d’un cahier des charges défini et celui du périmètre, c’est à dire du nombre de chaînes nécessaires. Pour ma part, je ne parviens pas à comprendre le rapport établi entre les programmes de France 2 et la notion de Service public. La question de la suppression de la publicité sur les chaines publiques est en fait celle du financement des chaines publiques. Il me paraît aberrant qu’un prétendu Service public soit financé par des publicités, il est encore plus absurde qu’une taxe de plus vienne frapper les sociétés privées afin de financer leurs concurrents publics ; la redevance est quant à elle un impôt kafkaïen, injuste qui consiste à faire payer à tous les français une autoroute qu’ils n’empruntent jamais par un droit de péage archaïque. L’avenir est aux grands ensembles privés multimédias qui interviendront à la fois sur la TNT, le câble, les satellites, internet, et le mobile. La concurrence légitime entre eux garantit la diversité. L’État ou les collectivités locales pour les télévisions régionales doivent se cantonner au véritable service public, c’est à dire à ce qui répond à un besoin indispensable et que le financement privé ne peut satisfaire : information décentralisée, formation, et surtout culture. Encore cela n’est-il pas définitif puisque des chaines musicales privées existent, que c’est TF1 qui a repris avec succès la chaine Histoire, et qu’enfin les grands titres de la presse régionale peuvent également intervenir dans l’information audiovisuelle. La troisième question est plus grave que les précédentes : la France est très attachée à son indépendance culturelle et au financement d’un cinéma national, mais elle a complètement fait l’impasse sur les réseaux de diffusion audiovisuels. TDF est aujourd’hui propriété de capitaux américains. Notre inconséquence dans l’ensemble de ce domaine est particulièrement alarmante.


Enfin, ce matin j’ai eu le plaisir d’entendre l’économiste Christian SAINT-ETIENNE dans le cadre de la Fondation Concorde. L’exposé était lumineux et il est facile de le résumer en deux points auxquels j’adhère: le premier éveille l’optimisme puisque la croissance mondiale, en moyenne de 4,5 points par an, offre un marché de plus en plus dynamique. Le second soulève au contraire l’inquiétude puisque notre pays n’a pas choisi depuis un an une véritable politique de l’offre qui puisse mieux le situer face à la demande mondiale. Une TVA sociale qui situerait la TVA à 22% en englobant notamment les charges des entreprises liées à la politique familiale correspondrait parfaitement à une réponse intelligente aux défis de la mondialisation, à une amélioration de notre offre face à la demande, puisque le cout du travail serait diminué en France, tandis que les produits importés seraient plus chers.


Beaucoup d’idées intéressantes donc, et malheureusement la certitude qui s’impose: elles ne sont pas mises en oeuvre en raison du manque de courage et de la mauvaise qualité de l’information qui règnent dans notre pays.

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Nom d'un chien 04/08/2008 16:07

 Bravo a Finkielkraut, il est salutaire d'avoir des gens qui jouent les mouches du coche, meme s'il derape un peu parfois, il est utile au debat.

Xavier Collet 27/06/2008 11:29


Alain Finkielkraut, Christian Saint-Etienne,
et Gaston Kelman (ce dernier n’ayant pas bénéficié de la publicité
qu’il aurait mérité) voila des personnalités controversées et
admirables. Admirables car ils voguent contre l’air du temps
politiquement correct, comme si de nos jours en France seuls les ânes
consensuels étaient dignes de la légion d’honorabilité. Finkielkraut est brillant car sans concession sur la montée d’une
nouvelle peste antisémite bien en cour ailleurs car de gauche.
Christian Saint Etienne, brillant dans son analyse de la situation
économique et du mal français, vomis par les alter comprenants pour
cause de libéralisme. Et Kelman quel camouflet il inflige aux idiots “anticolonialistes et
antiracistes” en se moquant de leur culte de la victimisation.
Bien sûr les media qui se goinfrent à la redevance sont là pour nous
dire, au nom du service public de l’audiovisuel, que ces 3 là sont
réacs. L’indécence dans l’affaire est que nous subventionnons notre
propre bourrage de crâne.

Louis Cypher 27/06/2008 11:00

C'est pas mon habitude de faire de la retape ou de la pub pour un autre site. Mais force est d'ademttre que le post du jour de Aphatie, sur rtl.fr, - et ce malgré tout le mal que l'on puisse penser de ce journaliste - est plutôt intéressant et ouvre pas mal de pistes de réflexion. Sur ce post particulier, je le rejoins à 100% Pas vraiment en rapport avec le sujet du post vannestien, mais bon, j'avais juste envie de partager une analyse intéressante du non-fonctionnement du parlement.

Louis Cypher 27/06/2008 09:22

"Reçu à TF1".Vu le cadeau que le petit president leur fait, c'était la moindre des choses, en effet, de rincer un coup à l'oeil.Pour une télé nationale sans télé publique, je vous encourage à regarder la télévision italienne, de notre bien aimé cavaliere. Pas les chaînes payantes, non, juste les gratuites, accessibles à tous. Bon courage. Quant à la diversité..ah ouais... Tf1 et M6, c'est vrai, c'est radicalement différent...quel magnifique conccurrence à la médiocrité...télé réalité (concepts étrangers achetés), foot, séries américaines, reportages de 2è partie de soirée portant invariablement sur la prostitution / violence en banlieues / prisons américaines, journalisme d'enquete (prrfff)...Waow, quelle conccurence !!! Donc, n'en déplaise au sémillant député, l'abandon d'un service public signifie à terme l'abandon de la production audio-visuelle française. Pour simples et logiques raisons économiques. Sur l'axe stratégique de la conception de contenu (il faut bien remplir tous ces nouveaux modes de diffusion de l'image), la position française risque d'en prendre un coup... Ahh, oui, bien sur TF1 a dit le contraire, ah ben oui, ben on va les croire, les gentils de TF1.. une coupe en plus ? je veux bien, merci...y sont à quoi, ces petits fours ?? Ooohh, comme c'est original !...Et une nouvelle fois, tiens, une prise de position écnonomique... ça faisait longtemps qu'on avait pas eu l'occassion de rire sur le blog, tiens... alors.Primo, un rappel : un économiste est une personne qui passe son temps à expliquer pourquoi ce qu'il avait prévu ne s'est pas déroulé comme annoncé.Deuxio : Ben... il suffit de lire votre si brillante démonstration pour deviner les failles et autres absurdités de votre vision de la TVA sociale. En clair : lire, réfléchir...rire.Un dernier point, en forme de réaction à votre optimisme sur la croissance à 4,5 % : la croissance la plus forte se situe dans les pays ou la France est singulièrement absente. De plus, leur croissance se fait essentiellement par le biais d'hausse de la productions de produits destinés à l'exportation. Alléger les travail en France de 5% sur des secteurs où la france n'a qu'une position de suiveur et compte des années de retard, ca ne sert à rien. Favrosier la R&D semblait être la principale logique pour sortir du marasme et du manque de politique de l'offre dont souffre la France. Force est de constater que les gouvernants ont fait leur choix : favrosier les énormes groupes aux détriments des grosses et moyennes PME. Quitte à ce que les subventions et diverses aides liées à la recherche en France découlent sur des fabrications de produits faites..à l'étranger.Pour finir : si certaines mesures ne sont pas mise en place, ce n'est pas uniquement par manque de courage : c'est peut etre aussi par intelligence et connaissance du sujet. De formation philosophique, d'expérience administrative, pouvez-vous affirmer sans sourciller que vous êtes un spécialiste du sujet économique ?