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 Christian VANNESTE

Député UMP du Nord
Vice-Président du CNI
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Mercredi 7 mai 2008
Deux ans après la création de ce bloc-note quotidien de mes activités, en octobre dernier, et compte tenu de la réglementation en vigueur, j'avais décidé d'abandonner ce portail et de créer un véritable site.

Néanmoins, vous avez été (très) nombreux à regretter le fait de ne plus pouvoir déposer des commentaires. Il est vrai que ce bloc-note fut un temps un véritable espace de liberté pour tous les internautes. Vous êtes d'ailleurs encore près de 300 à venir chaque jour ici.

J'ai donc décidé, tout en continuant d'alimenter mon site (avec mes interventions à l'Assemblée, mes Questions au Gouvernement...), de réactiver ce bloc-note. Vous y trouverez tous mes posts politiques.

Vos commentaires sont les bienvenus !

Bon surf !

NB : Les règles restent les mêmes (
cf article). Tout commentaire litigieux sera automatiquement supprimé.
par Christian Vanneste
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Mercredi 7 mai 2008

Aujourd’hui, le centre d’intérêt du groupe parlementaire UMP a été la réforme des Institutions, c’est-à-dire la révision constitutionnelle qui a été abordée au cours de trois réunions successives, la première en présence d’Édouard BALLADUR, qui a remis au Président de la République le rapport que celui-ci avait demandé sur ce sujet.

La première question qui se pose est celle de l’opportunité. Cette première interrogation porte sur deux points : d’une part, est-il bien nécessaire dans la conjoncture actuelle de consacrer du temps et de l’énergie à une nouvelle révision de la Constitution de 1958 ?

Les français ont manifestement d’autres préoccupations dont l’urgence n’a certainement pas échappé au pouvoir exécutif. De nombreux représentants du pouvoir législatif ont en tout cas exprimé leur doute à ce sujet.D’autre part, l’évolution relativement récente de nos Institutions nécessite t-elle un travail de cohérence et d’adaptation à la pratique vécue par les acteurs de la politique nationale ? Cette question est beaucoup plus complexe. Elle appelle des commentaires nuancés. En effet, le quinquennat a très profondément modifié le fonctionnement de nos Institutions, sinon dans leur principe, tout au moins dans leur mise en oeuvre. En effet, le lien crée dans la durée entre le mandat présidentiel et le mandat législatif paraît inévitable. Seul un accident pourrait provoquer une nouvelle élection présidentielle, suivie inévitablement d’une dissolution si le nouvel élu n’appartenait pas à la même famille politique que son prédécesseur. Cette congruence des deux pouvoirs a une conséquence immédiate qui est l’écrasement du Parlement par le Président puisque la majorité parlementaire n’est élue que pour soutenir le Président. Il suffit que d’aventure la personnalité du Président renforce le processus pour que le déséquilibre de nos Institutions, remède à celui connu à l’inverse par la 4ème République, devienne éclatant, voire insupportable. On aurait donc pu saisir cette occasion pour réformer en profondeur notre Constitution afin d’instaurer un véritable régime présidentiel avec pour conséquence un renforcement du Parlement, comme c’est le cas aux Etats-Unis. On pourrait imaginer, par exemple, que pour éviter l’accident évoqué plus haut les français puissent voter pour un ticket de deux candidats dont le premier serait le Président, et le second le Premier ministre.

Parmi les propositions formulées par la Comité Balladur et manifestement souhaitées par le Président de la République, figurait l’intervention du Président devant le Parlement. Cette idée prend tout son sens dans un régime présidentiel et on pourrait très bien concevoir que le Président prenne la parole de manière solennelle devant le Congrès une fois par an, tandis que le Premier ministre serait lui présent de manière régulière comme c’est le cas actuellement.

En revanche, dans la situation mi-chèvre mi-chou qui est la nôtre, avec un Président qui a le pouvoir de dissoudre l’Assemblée, sans en avoir sans doute l’intérêt, mais qui n’est nullement responsable devant elle, il y aurait une accentuation de la confusion qui règne actuellement entre les fonctions de Président de la République et de Premier ministre.

Cet exemple montre que cette révision n’est ni politiquement ni institutionnellement opportune. D’autres questions ont également été soulevées lors de nos réunions. Je pense en particulier à la remise en cause du 49-3, à la reconnaissance de droits particuliers au profit de l’opposition, de l’introduction de la proportionnelle par le biais du vote des français de l’étranger. De nombreux parlementaires de la majorité voient dans ces mesures autant de remises en cause d’un système institutionnel qui a permis à la France de connaître une stabilité politique et gouvernementale jusqu’alors ignorée.

Beaucoup de députés UMP, en général, issus du gaullisme RPR, considèrent en effet qu’il serait préférable de se souvenir de 1958 plutôt que de 1968… La première date a fondé une République durable, la seconde ne marque qu’une récréation dont les traces psychologiques subsistent malheureusement dans l’inconscient national.

En conclusion, puisqu’il ne s’agit pas d’instaurer un régime présidentiel, mais seulement de rééquilibrer le fonctionnement institutionnel dans le cadre du quinquennat, les seules mesures utiles et qui reçoivent l’assentiment d’une large majorité des élus de l’UMP sont celles qui confient au Parlement une mission d’évaluation et de contrôle qui est effectivement nécessaire et exige une profonde modification du travail parlementaire : il faut consacrer plus de temps pour chaque texte qu’il soit d’initiative gouvernementale ou parlementaire. Il faut que le Parlement devienne autre chose qu’une usine à voter des Lois. C’est très souhaitable.

Mais, pour le coup, est-ce très opportun ? Dans la boulimie réformatrice actuelle, la révision de la Constitution me paraît bien indigeste…

par Christian Vanneste publié dans : France
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Mercredi 7 mai 2008

 

En 1968, je préparais ma licence de philosophie à la faculté des lettres de Lille, en province, mais au cœur d’un des foyers de l’incendie.

1968 n’inaugura pas la société française d’aujourd’hui dont la réalité est due à des causes multiples, plus continues et plus concrètes. 1968 est un révélateur de notre inconscient national, à la manière d’un acte manqué ou d’un rêve.

Les événements ont constitué un ensemble de faits réels, dont le sens n’apparaît qu’à la lumière de notre mythologie.

En 1968, la génération d’après guerre parvenait à l’âge adulte, plus nombreuse et avec un niveau de formation plus élevé que les précédentes. L’accroissement de la population universitaire et le développement d’un esprit contestataire et revendicatif en furent alors les conséquences logiques. Ce phénomène sera décliné dans différents pays dans un contexte à chaque fois différent : aux États-Unis avec la guerre du Viet Nam, la lutte des Droits Civiques et des attentats politiques, en Italie où la population universitaire a doublé, en Allemagne avec l’apparition d’actes terroristes. On pourrait y ajouter le Mexique ou la Tchécoslovaquie.

1968 marque donc avant tout une rupture démographique, psychologique, et aussi économique. Dans son creuset se fondent la naissance de la société de consommation et l’utopie marcusienne, la soif de la liberté sans frein et la condamnation morale et sociale du capitalisme. La page de la guerre et de ses suites doit être tournée. Elle le sera dans cette confusion.

En France, cela se traduit par deux séries d’événements parallèles que l’opposition de gauche ne parviendra pas à réunir. D’abord un mouvement étudiant. Ensuite, un mouvement social. Le second a parfaitement été maîtrisé par Georges Pompidou. À part la faiblesse des gouvernements de droite face à la rue et à la grève, il ne reste rien de ses revendications assez classiques, absorbées par la dévaluation de l’année suivante.

Reste le mouvement étudiant, révélateur du côté obscur de notre inconscient national qui perdure aujourd’hui, mythe, produit par des mythes et entretenu par les intellectuels formés dans son moule qui ont envahi, jusqu’à le rendre stupide et ridicule, notre espace médiatique.

La première génération à connaître à la fois le plein emploi, la progression du niveau de vie, l’allongement des études et l’absence de guerre, dans un pays où le pouvoir légitime et démocratique s’incarnait dans le héros national de la Résistance et de la victoire sur le Nazisme, va revisiter en toute sécurité le mythe de la Résistance (CRS = SS) et celui des révolutions du XIXème siècle avec leurs barricades. Plus enseignée que les précédentes, elle est mal informée. J’arpentais le hall de la faculté entre stands trotskyste et maoïste. Quelle arrogance de la pensée pour des contre-sens dont la bêtise abyssale et l’irresponsabilité sont aujourd’hui des évidences. Ils vantaient les mérites du livre rouge et de la révolution culturelle qui se répandaient en Chine après le Grand Bond en Avant : on proposait à notre société heureuse les millions de morts chinois qui annonçaient les millions de mort du Cambodge « libéré ». La révolution permanente et la lutte des classes défendues par des enfants de bourgeois s’adonnant aux saturnales de la démocratie libérale ! À travers De Gaulle, tous les pères étaient visés. Le pouvoir s’en releva, affaibli. L’autorité ne s’en remit jamais.

La France répétait, en somnambule, sa mythologie particulière qui donne à penser à chaque génération, et avec chaque nouveau tournage des « Misérables » qu’Enjolras est gentil et Javert méchant. Le fait que l’un des seuls morts de 1968 fut commissaire de police aurait dû nous alerter. La réalité s’éloigne sans cesse davantage du mythe dont la France reste prisonnière. Car c’est là tout le problème. Il est aujourd’hui interdit de critiquer ces événements funestes et dérisoires, cette époque où était lancé le slogan : « il est interdit d’interdire ».

C’est la France qui aujourd’hui n’est pas libre, libre de s’adapter à la réalité de notre monde et de s’y épanouir parce que ceux qui ont été nourris de ce mythe quand ils ne l’ont pas fabriqué, ne cessent de le placer entre les français et le réel, à la manière d’un verre déformant.

par Christian Vanneste
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