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 Christian VANNESTE

Député UMP du Nord
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Mardi 13 mai 2008

Le Président de la République recevait les députés UMP à l’Elysée mercredi dernier. Le chef d’orchestre voulait recréer l’harmonie après une série de couacs, d’improvisations dissonantes et le bide des municipales. L’applaudimètre a salué l’artiste, malgré quelques oreilles blessées. Mais le malaise est-il dissipé ?

Malaise : c’est le sentiment avoué par ma voisine avant de succomber au charme. Le ton du début était, il faut le dire, surprenant. Le Président avait commencé Musette sur l’air du « Non ! Je ne regrette rien » à l’accent gouailleur et complice. Certains, mal intentionnés, ont entendu « j’ai toujours raison ». La suite fut une interprétation du thème : « lorsque je m’ausculte, je m’inquiète. Lorsque je me compare, je me rassure », thème et variations sur De Gaulle et ses échecs électoraux, Mitterrand et ses alcôves de la République, Chirac, son ambition au long cours et son immobilisme. Certes. Encore faut-il que le triomphe incontestable de 2007 ne soit pas qu’un feu…d’artifice, et qu’il y ait des résultats propres à permettre une réélection, que les trois cités ont obtenue, mais pas toujours en raison des résultats.

Mon inquiétude à ce sujet est double. D’abord, parce que l’électorat populaire perdu entre 2007 et 2008 ne reviendra pas nécessairement. Ensuite, parce que la méthode de Nicolas SARKOZY se résume à ne pas être une cible immobile. C’est cette tactique de mouvement perpétuel qui lui dicte d’employer systématiquement le mot « conservateur » dans un sens péjoratif.

Comme il l’a rappelé dans un roulement de timbales à la Lully, on voulait qu’il aille au centre, il a, au contraire, parlé de l’immigration et de l’identité nationale. Erreur dans laquelle il a persévéré au second tour avec le succès que l’on sait ! Le stratège du mouvement avait cassé les lignes, démenti les analyses classiques, et conquis le peuple de droite, ceux qui, précisément, sont sensibles à la sauvegarde des valeurs fondamentales. Bref, il a rallié les conservateurs, les populistes ceux que méprisent les bobos qui votent Delanoë.

Mais si on ne gagne jamais sur un bilan, et toujours sur une rupture, on peut s’interroger sur la prochaine rupture. Il est désormais pour le vote des immigrés que « sa » majorité actuelle ne souhaite pas. Un mot de regret sur l’amendement ADN de son fidèle ami Mariani m’a surpris. Son insistance à soutenir et promouvoir la loi Taubira va aussi dans cette direction qui ne peut que décevoir beaucoup ceux qui l’ont élu et que ne satisfait pas la présence de Nadine Morano à la Famille.

Avec les questions des députés, les violons furent de la partie, à part un léger grincement d’Hervé de Charrette sur la réforme des Institutions. Pour le reste, on s’est contenté des récriminations habituelles sur les lenteurs de l’administration.

Resté inutilement le droit levé, je ravalais la question que voici : « Monsieur le Président, je vous ai toujours soutenu pour votre dualité : conviction et habileté unies dans un souci permanent d’équilibre. La loi sur l’immigration assortie du rejet de la double peine demeure un modèle. En revanche, je ne perçois plus cette heureuse synthèse dans trois aspects de votre politique.

Où est l’habileté de l’ouverture ? Elle évite, selon vous, le passage de la gauche à la social-démocratie, mais elle lui a redonné du crédit, conforté le stupide ascendant idéologique dont elle bénéficie dans notre pays, alors que 2007 était avant tout, contrairement à 1995 et à 2002, une défaite sur le terrain des idées.

La valeur-travail et le pouvoir d’achat ont joué un rôle déterminant dans votre victoire. Mais le pouvoir d’achat est resté bien seul après la débandade de la TVA sociale. Ce n’est pas anecdotique, car l’emploi comme cause de la richesse, c’est une politique de l’offre. La priorité donnée à un pouvoir d’achat, par nature toujours insatisfait, c’est une politique de la demande. C’est aussi différent que la droite et la gauche. Les mauvais sondages, comme les chiffres de notre commerce extérieur montrent qu’il n’est jamais très profitable d’affronter l’adversaire sur son terrain.

Enfin, la Présidence, comme toute autorité légitime repose sur un subtil dosage d’être et de faire, quelque fois aussi de paraitre. Nous vous avons aimé pour votre savoir-faire, mais vos prédécesseurs avaient davantage soigné le savoir-être, et souvent le paraître. N’est-il pas temps de rétablir l’équilibre ? ». Je n’avais pas l’intention de le dire, mais il me semble que l’être est essentiel chez celui qui incarne la Nation. Pour le faire, voyez le Premier ministre.

Au-delà de ces questions, s’insinue une sensation : celle d’un divorce entre l’attente et le devenir. Celle-là était populaire et de droite. Le devenir, lui, dépasse les clivages, et réunit tous ceux qui s’enthousiasment d’une mondialisation dont ils ne subissent pas les effets, qui applaudissent à une Europe sans âme, dont ils n’ont pas besoin qu’elle les protège, qui rêvent de l’avènement de l’individu-roi, jouissant sans entrave morale, ni lien national, voire familial du grand marché cosmopolite à l’ombre des droits de l’Homme et de la Charte de l’Environnement.

Faut-il rappeler que dans cet univers pacifié, sans droite ni gauche, substituera une fracture entre celui qui fera son marché planétaire et celui qui fera ses courses le dimanche au hard discount du coin, pas sûr de conserver son emploi dans la production nationale. On voit renaître à travers elle un antagonisme plus profond que celui qui oppose les positions des socialistes aux libéraux. C’est celui qui oppose le conservatisme pour qui l’économie libérale n’est qu’un moyen au service de l’Homme et le libéralisme pour lequel le droit et le marché ont leur logique dont l’Homme est prisonnier.

par Christian Vanneste publié dans : France
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Samedi 10 mai 2008

La victoire de Nicolas Sarkozy, il y a un an, semblait avoir offert à la droite l’occasion de se décomplexer (cf les débats actuels au sein de la “blogosphère conservatrice - réactionnaire”), et de se libérer une fois pour toute de la repentance et de la culpabilité imposées par la gauche depuis tant d’années. Dans toute l’Europe, la victoire de la droite est toujours commentée comme une victoire des conservateurs. En France, le mot conservatisme est utilisé de manière péjorative y compris par Sarkozy lui-même. Cette image archaïque qui colle indéfectiblement à la peau de la droite française, n’est elle pas plutôt la spécificité d’une gauche repliée sur un programme de défense des avantages acquis et du « modèle social français », du refus aveugle de la mondialisation et de la flexibilité du travail, ou encore de la nécessaire réforme des retraites… ? L’avenir lui fait peur, elle veut retourner à de vieux modèles du siècle passé, et une fois encore désarmer la France, en dépit des menaces qui pèsent sur elle.

Or, le vrai conservatisme, lui, ne rejette pas le changement, au contraire il s’y adapte pour sauvegarder l’essentiel selon la célèbre formule du Guépard. L’un des pères de cette doctrine Edmund Burke reconnaissait d’ailleurs qu’un État qui n’a pas les moyens d’effectuer des changements n’a pas les moyens de se maintenir.

Margaret ThatcherCertains socialistes, il est vrai, lorgnent sur le social-libéralisme de Tony Blair et aimeraient bien que notre pays s’en inspire. Mais ils oublient que Blair n’aurait rien pu faire sans l’héritage de Margaret Thatcher (Maggie) dont l’objectif premier était de « refouler les frontières de l’État » et recentrer ce dernier sur ses fonctions essentielles  par la garantie de la monnaie, le maintien de l’ordre public et de la défense nationale, et surtout par la sauvegarde des valeurs fondamentales sur lesquelles s’appuie la pérennité d’une Nation.

Faut-il rappeler que Maggie a envoyé par le fond la dictature argentine, comme un autre conservateur, Winston Churchill, avait été l’opposant le plus constant et déterminé de la barbarie hitlérienne. C’est dire que cette conception politique de droite est ancrée dans la démocratie, et qu’elle crée même les conditions économiques pour que la démocratie soit sociale. Il n’y aurait pas eu Tony Blair, s’il n’y avait pas eu Maggie. C’est elle qui a réformé l’Angleterre, avec un courage politique hors du commun et a remis le pays sur le chemin de la croissance. Or aujourd’hui encore, elle passe aux yeux de l’opinion française pour un repoussoir.

Ce qu’il y a de Bush en lui….A en croire le magazine Marianne daté du 28 Avril 2007 dont la Une portait le titre suggestif “Ce qu’il y a de Bush en lui”, Sarkozy serait un clone du président américain, le lecteur devant comprendre que c’est explosif et très dangereux pour la France… Il est vrai que la politique étrangère de Georges W. Bush est contestable. D’ailleurs, Sarkozy ne soutient pas l’intervention en Irak. Mais depuis l’élection de Ronald Reagan, les Etats-Unis s’appuient sur l’idéal néoconservateur qui a permis le redressement moral de ce pays.

Ainsi, sait-on que l’idéal néoconservateur américain exige le respect des droits naturels inaliénables ? Qu’anti-laxiste, il se fonde sur une philosophie des devoirs, le respect des anciens, et l’obéissance au droit ? Ni Dieu-État, ni Dieu-Marché, ni maternage, ni irresponsabilité, il prône une ” dynamique de la liberté “, sur les chemins ouverts par John Locke et les Pères fondateurs des États-Unis.

Conception réactionnaire ? Bien au contraire. Lorsqu’un pays connaît le déclin, c’est la seule méthode pour lui d’assurer sa résilience. C’est ainsi qu’en France, à travers son programme de rupture, Nicolas Sarkozy s’efforce de faire basculer le progressisme dans le camp de la droite, qui devient désormais le camp du changement, de la réforme et de l’innovation. Mais réussira-t-il pour autant à engager une révolution conservatrice à la française ? Pourra-t-il créer une vraie droite en France, associant conservatisme des valeurs et libéralisme efficace ? Un conservatisme libéral peut-il s’installer durablement en France comme il semble s’installer en Italie cette semaine avec la composition du Gouvernement Berlusconi ? On se prend à rêver…

Il réussira si sa conception de la liberté s’enracine dans une anthropologie responsable, respectueuse des valeurs humaines fondamentales, ce qui a toujours fait défaut aux libéraux qui ont su redresser l’économie de leur pays, mais qui ont échoué faute d’avoir su mesurer les ravages dans les mœurs du relativisme éthique.

Sur ce, très bon week-end de la Pentecôte !

par Christian Vanneste publié dans : France
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Mercredi 7 mai 2008
Deux ans après la création de ce bloc-note quotidien de mes activités, en octobre dernier, et compte tenu de la réglementation en vigueur, j'avais décidé d'abandonner ce portail et de créer un véritable site.

Néanmoins, vous avez été (très) nombreux à regretter le fait de ne plus pouvoir déposer des commentaires. Il est vrai que ce bloc-note fut un temps un véritable espace de liberté pour tous les internautes. Vous êtes d'ailleurs encore près de 300 à venir chaque jour ici.

J'ai donc décidé, tout en continuant d'alimenter mon site (avec mes interventions à l'Assemblée, mes Questions au Gouvernement...), de réactiver ce bloc-note. Vous y trouverez tous mes posts politiques.

Vos commentaires sont les bienvenus !

Bon surf !

NB : Les règles restent les mêmes (
cf article). Tout commentaire litigieux sera automatiquement supprimé.
par Christian Vanneste
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