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 Christian VANNESTE

Député UMP du Nord
Vice-Président du CNI
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  L'AFFAIRE VANNESTE

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Mercredi 21 mai 2008
Madame Anne-Marie LE POURHIET, professeur de droit à l'Université Rennes I, a écrit un très percutant article "judiciarisation et discrimination", pour la Fondation pour l'Innovation politique. Vous pouvez le lire en entier sur l'excellent site de l'Observatoire du Communautarisme. Madame Le Pourhiet revient notamment les différentes discriminations, montrant ainsi leur caractère particulièrement anti-libéral et pour finir, conclut sur l'incroyable décision des juges à mon encontre, à l'encontre d'un élu du Peuple. Il va sans dire que je suis entièrement d'accord avec elle. Extraits.

La judiciarisation de la « lutte contre les discriminations » ne date pas d'aujourd'hui mais a connu une accélération remarquable depuis les années 1990, sous le double effet du militantisme associatif et des normes européennes. La loi du 30 décembre 2004 portant création de la Halde et pour l'égalité, qui prétend compléter et couronner l'édifice, semble à la fois vouloir consolider l'arsenal répressif mis en place et prévenir le recours au juge par un système de médiation.

Avant d'examiner cet arsenal, il convient cependant de situer le contexte idéologique et sociologique profondément anti-libéral dans lequel il intervient.

Un premier constat porte sur la terminologie récurrente utilisée. On ne compte plus, en effet, les propositions et projets de loi déposés devant le parlement français se proposant de « lutter contre » un phénomène quelconque. Cette obsession normative et purgative dont nos gouvernants ne semblent pas vraiment prendre conscience, est très révélatrice de la mentalité post-moderne tendant à vouloir nettoyer au « pas de loi » (1) tout ce qui contrevient au politiquement correct dans les comportements sociaux.

A cette manie de la « lutte contre » s'ajoute celle de faire plus précisément la chasse aux « phobies » de toutes sortes, la discrimination étant en effet considérée comme l'expression achevée et le symptôme suprême d'une pathologie mentale dissidente qu'il convient d'éradiquer d'urgence. Xénophobie, homophobie, lesbophobie, judéophobie, négrophobie, handiphobie etc … tournent ainsi en boucle dans le discours associatif, médiatique et politique que le regretté Philippe Muray raillait sous l'expression de « cage aux phobes » (2). Les débats parlementaires précédant la loi de 2004 sur la Halde et celle du 12 février 2005 sur l'égalité des personnes handicapées font apparaître un souci permanent de « forcer les mentalités à évoluer », fût-ce au prix de sanctions allant, pour le premier texte, jusqu'à des peines d'emprisonnement. Le cousinage de ces finalités et procédés avec le lavage de cerveau et le goulag ne semble choquer que quelques rares parlementaires, aussitôt priés de mettre leurs scrupules libéraux sous le boisseau au nom du concept le plus subjectif, fourre-tout et galvaudé du post-modernisme : la dignité. On ne compte plus, en effet, les usages liberticides qui sont aujourd'hui faits du terme dignité qui se répand comme un champignon dans le droit français et européen, générant toujours plus de répression et, compte tenu de l'indétermination de la notion, de gouvernement des juges. Rien ne saurait plus, en effet, être opposé à la dignité des individus et des groupes, c'est un concept absolu et totalitaire qui ne tolère aucune limite et devant lequel toute liberté doit désormais s'incliner. Guy Carcassonne a raison de relever que la dignité et la liberté qui étaient autrefois soeurs siamoises sont devenues ennemies, la première devenant le bourreau de la seconde (3).

C'est donc dans ce contexte de « tentation totalitaire » et de tyrannie associative qu'intervient la judiciarisation des discriminations, sanctionnées aussi bien sous l'angle du droit pénal que du droit social, civil ou administratif. Notre collègue canadienne Andrée Lajoie a fort bien montré dans son livre intitulé « Quand les minorités font la loi », comment les associations défendant des groupes d'individus interviennent aussi bien auprès du législateur que des tribunaux pour faire triompher leurs revendications et ceci au niveau international comme national (4). En ce qui nous concerne, il est évident que le lobbying associatif est particulièrement fort auprès des institutions européennes, ce qui explique d'autant les contraintes qui retombent ensuite sur le législateur français.

(...)

Lors du débat sur le texte, à l'Assemblée nationale, le député Christian Vanneste (UMP) avait manifesté son opposition au dispositif en considérant qu'un comportement choisi devait toujours pouvoir être critiqué. Il avait ajouté « L'introduction même de l'idée d'homophobie tend à accréditer que le comportement homosexuel aurait la même valeur que d'autres comportements, alors qu'il est évidemment une menace pour la survie de l'humanité ». Des associations homosexuelles ayant organisé une manifestation contre ces propos dans la circonscription du député, celui-ci fût invité à s'expliquer dans la presse locale en janvier 2005. Il a, bien entendu, réitéré et explicité le jugement de valeur exprimé dans l'hémicycle et, comme il fallait s'y attendre, a aussitôt fait l'objet de poursuites devant le Tribunal correctionnel de Lille, par les associations SOS Homophobie, Act-up Paris et le Syndicat national des entreprises gaies. Les poursuites, fondées sur le chef d'injure publique envers un groupe de personnes en raison de leur orientation sexuelle, donnent rétroactivement entièrement raison aux préventions du député Jean-Paul Garraud.

Le tribunal a condamné Christian Vanneste le 24 janvier 2006 à une amende de 3000 euros, aux termes d'un jugement partial, oublieux du principe d'interprétation stricte de la loi pénale et refusant de s'inspirer des travaux préparatoires de la loi pour en apprécier la portée. Les termes de l'avis de la CNCDH ainsi que de l'arrêt Handyside, rendu par la Cour européenne des droits de l'homme en 1976, ont été délibérément tronqués par le Tribunal dont l'argumentation médiocre témoigne, une fois de plus, de la faiblesse de la formation théorique et constitutionnelle de certains magistrats français.

En particulier, on lit avec stupéfaction dans le jugement la phrase suivante : « En l'espèce, le préjudice est important d'autant plus que la position d'élu de M. Christian Vanneste a donné à ses propos réitérés un caractère retentissant » ! Manifestement, les magistrats de Lille n'ont jamais lu ni compris l'article 26 de la Constitution puisque, non seulement ils n'en tiennent pas compte pour atténuer la responsabilité pénale d'un parlementaire, mais ils la considèrent benoîtement comme une circonstance aggravante.

La Cour d'appel de Douai a confirmé le jugement de première instance par un arrêt du 25 janvier 2007 quasiment dépourvu de motivation où elle procède par affirmation sans démonstration.
Le plus choquant de l'affaire aura sans doute été l'attitude des dirigeants de l'UMP qui ont non seulement « laissé tomber » leur collègue mais même promis au lobby homosexuel de lui refuser l'investiture aux législatives. (...)

par Christian Vanneste
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Jeudi 15 mai 2008

Le Paradoxe est souvent la clef des processus historiques. L'explication en est simple. A la succession mécanique des causes et des effets propre à une conception marxiste doit s'imposer l'idée de TOYNBEE : l'histoire est faite de défis et de réponses, parce que les hommes ne sont pas des choses mais des consciences plus ou moins lucides et des volontés plus ou moins tendues.


La crise OGM du Groupe UMP, en grande partie d'ailleurs surévaluée par les journalistes jamais avares d'antiparlementarisme, peut être bénéfique en renforçant par réaction la cohésion du groupe, comme on l'a vu lors des Questions d'actualité d'hier après-midi [Jean-François COPE a été ovationné].


Mardi, lors de l'examen du texte dans l'hémicycle, une première motion de procédure socialiste, « l'exception d'irrecevabilité », est repoussée par la majorité. La seconde, communiste, « la question préalable », passe à une voix près. De nombreux députés UMP travaillant en Commission : Lois, Affaires sociales. Je participe moi-même (cf article de 20 Minutes) à la réunion de la Mission d'information sur les Lois mémorielles sous la présidence de Bernard ACCOYER avec les auditions de Serge et Beate KLARSFELD puis de Denis TILLINAC. D'habitude, le Groupe UMP rameute ses troupes lorsque un vote est jugé difficile. Il ne l'a pas fait, tout simplement parce qu'il y avait plus de députés UMP dans l'hémicycle que de députés de l'opposition. Simplement chacun de ceux-ci avait un pouvoir ce qui n'était pas le cas de ceux-ci. Simple péripétie donc, mais si les couplages des votes n'étaient pas faits, c'est que beaucoup de parlementaires n'étaient sans doute pas très motivés...


Cet incident a manifestement redonné de l'énergie au groupe . Mais cette manoeuvre tactique de l'opposition a surtout eu le fâcheux résultat d'empêcher le débat sur le fond, c'est-à-dire le vrai travail parlementaire. Pour la dignité de la vie démocratique, j'aurai préféré voter contre le texte après une libre discussion que d'être associé si peu que ce soit à ce jeu qui n'est pas digne du Parlement. Mais cette préoccupation est sans doute inconnue des socialistes.



NB/ Le titre de cet article, vous l'aurez sans doute reconnu, est tiré des Mémoires d'Outre-Tombe de Chateaubriand.
par Christian Vanneste
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Mercredi 14 mai 2008

Réunion, ce matin -après la réunion convoquée en urgence des députés du groupe UMP-, de la Commission des Lois afin d’examiner les amendements sur le Projet de loi constitutionnelle de Modernisation des Institutions de la Vème République (discussion qui reprendra cet après-midi après les Questions au gouvernement).


J’ai notamment eu l’occasion de prendre la parole à deux reprises : ma première intervention portait sur le mode de scrutin.


J’ai donc rappelé que les parlementaires sont certes des représentants mais qu’ils ne représentent pas des convictions ou des courants mais des citoyens lesquels peuvent parfaitement voir leurs opinions évoluer pendant un mandat. Ils ont simplement confié à leur représentant l’expression de la Volonté générale. Pour reprendre la fameuse distinction de Max Weber, être parlementaire ne consiste pas à participer à une confrontation d’opinions mais à détenir la responsabilité d’écrire la loi au nom du peuple et dans l’intérêt du pays plutôt qu’en conformité avec telle ou telle idéologie. Tout le monde aura compris que je défends plus que jamais le scrutin majoritaire par circonscription sans aucun recours à la proportionnelle dans la logique des pays anglo-saxons. Ceux-ci n’ont jamais connu de menace totalitaire alors que le NSDAP n’a pu prendre le pouvoir en Allemagne que par le biais de ce mode de scrutin. Ainsi, pour moi, la proportionnelle est dangereuse. Elle n’est pas l’expression de la démocratie, et elle constitue même une menace pour celle-ci dès lors qu’elle permet à une minorité de faire pencher la balance du pouvoir du coté qu’elle souhaite.


En second lieu, j’ai, une fois de plus, insisté pour m’opposer au contresens démocratique du vote des étrangers, m’appuyant sur le fait que la démocratie est fondée sur le droit de vote des citoyens c’est-à-dire ceux qui appartiennent à la Cité aujourd’hui à la Nation. Cette appartenance, la nationalité, dépend certes du droit du sol ou du droit du sang, mais au-delà, et de manière plus légitime, dans une démocratie moderne, elle doit dépendre de la volonté librement exprimée, de l’adhésion au Contrat social. Le lien constamment fait par les socialistes entre la présence et l’implication économique avec la citoyenneté, est non seulement un contresens mais encore une injure aux valeurs de la République, puisqu’elle remplace une adhésion volontaire à des valeurs par une insertion de fait dans un système de production et d’échange économique. D’une certaine manière, c’est un retour au suffrage censitaire qui faisait reposer le droit de vote sur l’imposition…


Comme d’habitude, j’ai essuyé les foudres de mon cher collègue Noël Mamère, intellectuellement sans consistance, idéologiquement sans mesure. C’est la raison pour laquelle et pour en finir je lui ai dit : « Talleyrand a un jour dit que “tout ce qui est excessif est insignifiant“, vous êtes pour moi l’illustration vivante de cette formule et c’est la raison pour laquelle, pour notre majorité, c’est cette fois une phrase célèbre de Voltaire à peine déformée qui s’applique à vous : “si Mamère n’existait pas, il faudrait l’inventer »…

par Christian Vanneste
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